Vivre au Luxembourg ne vous empêche pas d'investir dans l'immobilier en France, au contraire. Vos revenus locatifs français restent imposés en France, mais votre résidence au Luxembourg vous fait bénéficier d'un taux de prélèvements sociaux réduit à 7,5 % au lieu de 17,2 %. La convention fiscale franco-luxembourgeoise élimine la double imposition. Le dispositif Jeanbrun (depuis février 2026) et le statut LMNP remplacent aujourd'hui le Pinel pour optimiser votre investissement. Côté financement, les banques françaises prêtent aux résidents du Luxembourg avec un apport de 20 à 30 % et des taux moyens de 3,3 % à 3,9 % en 2026.
Plus de 47 000 Français vivent au Luxembourg, et un nombre croissant d'entre eux investissent dans l'immobilier en France plutôt que sur place. La raison est simple : le marché luxembourgeois affiche des prix parmi les plus élevés d'Europe, alors que la France offre des rendements locatifs plus accessibles et un cadre juridique que ces investisseurs connaissent déjà.
Rester résident au Luxembourg tout en construisant un patrimoine locatif en France pose toutefois des questions concrètes. Comment sont imposés les loyers perçus en France ? Quel dispositif fiscal reste disponible depuis la fin du Pinel ? Quelles banques financent un projet quand l'emprunteur ne réside pas en France ?
Chez MyExpat, l'équipe accompagne chaque année des Français installés au Luxembourg dans leur investissement locatif en France, de la recherche du bien jusqu'à la gestion à distance. Ce guide répond aux questions fiscales et financières que tout investisseur doit trancher avant de signer.
Pourquoi les Français du Luxembourg investissent en France plutôt que sur place
Le Luxembourg concentre des salaires parmi les plus élevés d'Europe, mais aussi un marché immobilier très tendu où le prix moyen au mètre carré dépasse largement celui des grandes villes françaises. Cet écart pousse mécaniquement les résidents vers l'investissement locatif en France, où le capital investi produit un rendement net plus élevé pour un même montant.
Trois facteurs reviennent systématiquement chez les investisseurs accompagnés par MyExpat.
- Une capacité d'emprunt renforcée : des revenus perçus en euros, souvent élevés, facilitent l'obtention d'un crédit auprès des banques françaises.
- Un marché locatif français toujours tendu dans les grandes agglomérations, ce qui sécurise le taux d'occupation.
- Une diversification patrimoniale hors d'un marché luxembourgeois jugé cher et peu liquide pour un investisseur individuel.
Cette logique explique pourquoi la question n'est plus de savoir s'il faut investir en France, mais comment le faire efficacement depuis le Luxembourg, en tenant compte de la fiscalité des deux pays.
Résident au Luxembourg, investisseur en France : quel statut fiscal s'applique ?
Vivre au Luxembourg fait automatiquement de vous un non-résident fiscal français au sens de l'article 4B du Code général des impôts, dès lors que votre foyer et le centre de vos intérêts économiques se trouvent au Grand-Duché. Ce statut ne dispense en rien d'imposition sur un investissement locatif situé en France.
Vos revenus fonciers français restent taxés en France
Le principe de territorialité s'applique sans exception : un bien loué en France génère des revenus imposables en France, quel que soit le pays de résidence du propriétaire. La convention fiscale franco-luxembourgeoise ne change pas cette règle, elle organise seulement la manière d'éviter que ce même revenu soit taxé une seconde fois au Luxembourg.
Ce que cela implique concrètement pour votre déclaration
Un résident du Luxembourg propriétaire d'un bien locatif en France doit déposer une déclaration de revenus fonciers auprès du service des impôts des non-résidents (SIPNR), même sans autre lien fiscal avec la France. Cette déclaration détermine le montant imposable qui sera ensuite reporté, pour information, dans la déclaration luxembourgeoise.

Comment sont taxés vos revenus locatifs français depuis le Luxembourg ?
Le calcul de l'impôt suit des règles spécifiques aux non-résidents, distinctes de celles applicables à un propriétaire résident fiscal français.
Le taux minimum d'imposition
Les revenus fonciers de source française perçus par un non-résident sont soumis à un taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable, puis de 30 % au-delà de ce seuil, en application de l'article 197 A du CGI. L'option pour le taux moyen, calculé sur l'ensemble des revenus mondiaux du foyer, s'avère souvent plus favorable et mérite d'être vérifiée chaque année.
Des prélèvements sociaux réduits grâce à votre résidence luxembourgeoise
C'est le point que la plupart des investisseurs ignorent, et il change directement la rentabilité du projet. Un non-résident affilié à un régime de sécurité sociale hors de l'Union européenne, de l'EEE ou de la Suisse paie 17,2 % de prélèvements sociaux sur ses revenus fonciers, voire 18,6 % sur des revenus de location meublée depuis 2026.
Un résident du Luxembourg, en tant que membre de l'Union européenne, échappe à la CSG et à la CRDS en vertu de la jurisprudence de Ruyter de la Cour de justice de l'Union européenne. Seul reste dû le prélèvement de solidarité, fixé à 7,5 %.
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Situation |
Prélèvements sociaux applicables |
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Résident du Luxembourg (UE/EEE) |
7,5 % (prélèvement de solidarité seul) |
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Résident hors UE/EEE/Suisse, location nue |
17,2 % |
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Résident hors UE/EEE/Suisse, location meublée (LMNP) |
18,6 % depuis 2026 |
Source : Code de la sécurité sociale, articles L. 136-6 et L. 136-8 ; jurisprudence CJUE de Ruyter (26 février 2015)
Pour activer ce taux réduit, un justificatif d'affiliation à la sécurité sociale luxembourgeoise doit être transmis à l'administration française, faute de quoi le taux plein s'applique par défaut et la régularisation prend souvent plusieurs mois.
La convention fiscale franco-luxembourgeoise : éviter la double imposition sur vos loyers
La convention signée entre la France et le Luxembourg pose une règle claire pour l'immobilier : le pays où se situe le bien conserve le droit d'imposer les revenus qu'il génère. Un appartement loué à Lyon ou à Bordeaux reste donc imposé en France, même si son propriétaire réside au Luxembourg.
Cette règle protège l'investisseur d'une double charge fiscale. Le Luxembourg, où le revenu doit également figurer dans la déclaration pour le calcul du taux effectif, accorde un crédit d'impôt égal au montant déjà payé en France. En pratique, le revenu locatif français n'est donc taxé qu'une seule fois, dans le pays où se trouve le bien.
Quel dispositif fiscal pour optimiser votre achat en 2026 ?
Le dispositif Pinel s'est éteint le 1er janvier 2025 et ne concerne plus aucun achat réalisé depuis cette date. Deux leviers ont pris le relais pour les investisseurs non-résidents, avec des mécaniques très différentes.
Le statut LMNP pour la location meublée
Le statut de loueur en meublé non professionnel permet de déduire l'ensemble des charges réelles, y compris l'amortissement du bien et du mobilier, des revenus locatifs. Pour un résident du Luxembourg, ce régime se combine avec le taux réduit de prélèvements sociaux vu plus haut, ce qui en fait l'un des montages les plus efficaces disponibles en 2026 pour un investisseur non-résident.
Le dispositif Jeanbrun pour la location nue longue durée
Entré en vigueur le 21 février 2026 dans le cadre de la loi de finances pour 2026, le statut du bailleur privé, plus connu sous le nom de loi Jeanbrun, remplace le Pinel pour les logements loués nus.
Il permet de déduire chaque année de ses revenus fonciers un amortissement compris entre 3,5 % et 5,5 % du prix d'acquisition, en contrepartie d'un engagement de location de 9 ans minimum et d'un plafonnement des loyers. Contrairement au Pinel, il s'applique sur tout le territoire français, sans zonage, ce qui élargit sensiblement le choix des villes accessibles à un investisseur basé au Luxembourg.
Le choix entre LMNP et Jeanbrun dépend surtout du type de location envisagé et de l'horizon de détention du bien, un point qu'un accompagnement personnalisé permet d'arbitrer selon le profil de l'investisseur.

Financer votre achat immobilier en France depuis le Luxembourg
Un résident du Luxembourg reste éligible au crédit immobilier français en tant que non-résident fiscal, mais le dossier est examiné avec plus de rigueur qu'un dossier de résident.
Les conditions bancaires en 2026
Les taux constatés en 2026 se situent entre 3,3 % et 3,9 % selon la durée et le profil, avec une majoration de 0,10 à 0,40 point par rapport à un emprunteur résident. Les banques françaises qui financent les non-résidents, parmi lesquelles BNP Paribas, Crédit Agricole, LCL ou la Banque Transatlantique, exigent généralement un apport personnel de 20 % à 30 % et limitent la durée du prêt à 20 ans, contre 25 ans pour un résident.
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Critère |
Ce qu'il faut retenir en 2026 |
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Taux moyen pratiqué |
3,3 % à 3,9 % selon la durée |
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Majoration liée au statut non-résident |
+ 0,10 à 0,40 point |
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Apport personnel exigé |
20 % à 30 % minimum |
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Durée maximale |
20 ans (25 ans pour un profil premium) |
Source : estimations MyExpat 2026 d'après les grilles bancaires en vigueur
L'assurance emprunteur, un poste à ne pas négliger
Comme pour tout investisseur non-résident, l'assurance de prêt représente une part significative du coût total du crédit, avec des surprimes bancaires qui peuvent atteindre 50 % par rapport à un résident. Un contrat en délégation d'assurance permet souvent de réduire cette facture de manière importante.
Cas concret : investir en France depuis le Luxembourg
Sophie, 34 ans, cadre à Luxembourg-Ville, achète un studio meublé à Lille pour 145 000 €, financé à hauteur de 75 % par un crédit sur 20 ans.
- Statut LMNP au régime réel, avec amortissement du bien et du mobilier venant réduire le revenu imposable proche de zéro les premières années.
- Prélèvements sociaux au taux réduit de 7,5 %, grâce à son affiliation à la sécurité sociale luxembourgeoise, contre 18,6 % si elle résidait hors de l'Union européenne.
- Convention fiscale franco-luxembourgeoise appliquée pour éviter que ce même revenu soit taxé une seconde fois au Luxembourg.
- Crédit obtenu à 3,6 %, avec un apport de 25 % constitué de son épargne en euros.
Ce montage illustre comment la résidence au Luxembourg, loin d'être un obstacle, devient un avantage fiscal concret pour investir en France.
Investir en France depuis le Luxembourg : passez à l'étape suivante
Résider au Luxembourg ne complique pas un projet immobilier en France, à condition de connaître les bonnes règles. La convention fiscale évite la double imposition, le statut de résident européen réduit vos prélèvements sociaux, et le dispositif Jeanbrun ou le statut LMNP remplacent efficacement le Pinel pour optimiser votre fiscalité en 2026.
Chez MyExpat, l'équipe accompagne chaque année des Français installés au Luxembourg dans leur investissement locatif en France, de la recherche du bien au financement, jusqu'à la gestion locative à distance. Vous souhaitez évaluer votre capacité d'investissement et le montage fiscal le plus adapté à votre situation ? Demandez un audit personnalisé auprès des experts MyExpat.
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