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Modifié le 19 septembre 2026 Par Mickaël ZONTA
5 min

Taux imposition revenus fonciers non-résidents : calcul et fiscalité 2026

Le taux imposition revenus fonciers non résidents peut-il vraiment exploser votre rentabilité ?

Le taux d'imposition des revenus fonciers des non-résidents en France

Les revenus fonciers des non-résidents sont soumis en France à un taux minimum d'imposition de 20 %, auquel s'ajoutent des prélèvements sociaux pouvant atteindre 17,2 %. Selon votre pays de résidence, vos revenus mondiaux et votre régime fiscal, votre taux réel peut toutefois être significativement inférieur à ce plafond.

En 2026, l'impôt des non-résidents reste flou. Pourtant, plus d'un million d'expatriés perçoivent des revenus locatifs en France depuis l'étranger, et la grande majorité sous-estime leur imposition réelle ou, à l'inverse, paie plus que nécessaire faute d'optimisation fiscale. Comprendre les règles qui s'appliquent à votre statut de non-résident est la première étape pour gérer intelligemment votre patrimoine immobilier.

Quel est le taux d'imposition des revenus fonciers pour un non-résident ?

Le point de départ de toute analyse fiscale pour un expatrié propriétaire en France est la compréhension du régime dérogatoire qui lui est appliqué. En tant que non-résident, vous n'êtes pas soumis au barème progressif de droit commun de la même manière qu'un résident fiscal.

Le taux minimum de 20 % prévu par l'article 197 A du CGI

L'article 197 A du Code général des impôts (CGI) établit le principe fondateur : tout non-résident fiscal est soumis à un taux minimum d'imposition de 20 % sur ses revenus de source française, dont les revenus fonciers. Ce taux s'applique à la tranche de revenus imposables jusqu'à un certain seuil, au-delà duquel un taux supérieur entre en jeu.

Ce mécanisme existe pour éviter qu'un expatrié dont les revenus français sont modestes ne bénéficie d'une imposition quasi nulle, comme cela pourrait arriver avec le barème progressif standard appliqué à un faible revenu isolé.

Quand le taux de 30 % s'applique-t-il ?

Au-delà d'un certain niveau de revenus imposables en France, le taux minimum passe à 30 %. Ce seuil est révisé chaque année par la loi de finances. Pour l'imposition des revenus 2025 (déclaration 2026), ce palier s'établit à 28 797 € de revenu net imposable.

Revenus fonciers nets imposables Taux minimum applicable
Jusqu'à 28 797 € 20 %
Au-delà de 28 797 € 30 %

Il est important de noter qu'il s'agit d'un taux plancher, et non d'un taux unique : si votre taux effectif calculé selon le barème progressif de droit commun est supérieur à ce minimum, c'est ce taux effectif qui s'applique. L'erreur fréquente des expatriés est de confondre le taux minimum légal et le montant réellement dû une fois les charges déduites et les options fiscales activées.

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Les prélèvements sociaux augmentent-ils l'imposition des non-résidents ?

Au taux minimum de 20 %, des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) peuvent s'ajouter, jusqu'à 17,2 %. Les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale de l'EEE, de la Suisse ou du Royaume-Uni en sont exonérées pour la CSG et la CRDS, sous réserve des conditions applicables, mais restent redevables du prélèvement de solidarité de 7,5 %.

Le critère déterminant est votre affiliation sociale, et non votre seul pays de résidence. Pour le détail des taux et des exonérations, consultez notre guide sur la fiscalité immobilière et les prélèvements sociaux des non-résidents.

Calcul du taux d'imposition des revenus fonciers pour non-résidents

Comment est calculé l'impôt sur les revenus fonciers des non-résidents ?

Avant d'appliquer le taux d'imposition, il est indispensable de déterminer la base imposable. Le calcul du revenu foncier net suit des règles précises qui permettent, en les maîtrisant, de réduire légalement le montant soumis à l'impôt.

Les revenus fonciers bruts

Les revenus fonciers bruts correspondent à l'ensemble des loyers encaissés au cours de l'année civile, qu'il s'agisse d'une location nue classique ou d'une location via une SCI à l'impôt sur le revenu. Les loyers impayés ne sont pas imposables tant qu'ils n'ont pas été perçus, ce qui constitue une règle favorable pour les propriétaires confrontés à des impayés.

Les charges déductibles au régime réel

Le régime réel d'imposition permet de déduire les charges réellement supportées de vos revenus fonciers bruts. Cette déduction s'applique notamment aux éléments suivants :

  • Les intérêts d'emprunt liés à l'acquisition ou aux travaux du bien
  • Les primes d'assurance (propriétaire non occupant, garantie loyers impayés)
  • Les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration
  • La taxe foncière (déductible l'année du paiement)
  • Les frais de gestion locative et honoraires d'agence
  • Les provisions pour charges de copropriété

Ces déductions permettent dans de nombreux cas de ramener le revenu foncier net imposable à un niveau bien inférieur aux loyers bruts encaissés.

Le revenu foncier net imposable : cas pratique complet

Prenons le cas d'un expatrié résidant à Singapour qui perçoit 18 000 € de loyers annuels sur un appartement à Bordeaux.

Élément Montant
Loyers bruts perçus 18 000 €
Intérêts d'emprunt - 3 200 €
Taxe foncière - 800 €
Assurance PNO + GLI - 400 €
Frais de gestion (agence) - 900 €
Revenu foncier net imposable 12 700 €
Impôt (20 %) 2 540 €
Prélèvements sociaux (17,2 %) 2 184 €
Total fiscalité 4 724 €

La bonne maîtrise des charges déductibles réduit ici la base imposable de 30 % par rapport aux loyers bruts, avec un impact direct et proportionnel sur l'impôt dû.

Taux moyen ou taux minimum : quelle option est la plus avantageuse ?

Lorsqu'il perçoit des loyers issus d'un bien situé en France, un non-résident peut, sous certaines conditions, bénéficier d'une imposition calculée selon son taux effectif plutôt que d'être soumis au prélèvement forfaitaire de 20 %. Prévue par l'article 197 A du CGI, cette possibilité permet souvent de réduire la charge fiscale des contribuables installés à l'étranger.

Comment fonctionne le taux effectif ?

Le principe consiste à déterminer le pourcentage d'imposition qui résulterait de l'application du barème progressif à l'ensemble des ressources du foyer, y compris celles perçues hors de France. Ce pourcentage est ensuite appliqué uniquement aux revenus imposables en France. Lorsque ce calcul aboutit à un résultat inférieur au seuil de 20 %, il devient plus favorable.

Quelles sont les conditions à remplir ?

Pour profiter de ce mécanisme, le contribuable doit communiquer à l'administration fiscale l'ensemble de ses ressources perçues dans le monde. Cela inclut notamment les salaires, bénéfices professionnels, pensions ou autres revenus encaissés dans le pays de résidence. Des justificatifs peuvent être demandés afin de valider le calcul.

Exemple d'économie réalisée

Un Français installé à l'étranger perçoit 12 000 € de loyers nets en France. Après prise en compte de l'ensemble de ses ressources, son taux effectif ressort à 12 %.

Situation Impôt dû sur les loyers
Prélèvement forfaitaire de 20 % 2 400 €
Application du taux effectif de 12 % 1 440 €
Gain fiscal obtenu 960 €

Cette solution s'avère souvent intéressante pour les contribuables dont les revenus globaux restent modérés, notamment durant les premières années d'expatriation ou dans les pays où les rémunérations demeurent inférieures aux niveaux observés en France.

Un expatrié qui réalise le calcul son taux d'imposition des revenus fonciers

Comment réduire légalement l'imposition de ses revenus fonciers ?

Au-delà du choix du taux et de la déduction des charges courantes, plusieurs stratégies permettent à un expatrié de réduire substantiellement son imposition sur les revenus locatifs. Ces options s'appuient sur des dispositifs fiscaux pérennes, accessibles aux non-résidents sous conditions.

Déduire les travaux grâce au déficit foncier

Le déficit foncier est l'un des leviers les plus efficaces pour les propriétaires qui engagent des travaux. Lorsque les charges déductibles (hors intérêts d'emprunt) dépassent les revenus fonciers, le déficit généré peut être imputé sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Le plafond ordinaire est de 10 700 € par an, porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique répondant aux critères de performance. Un appartement à Lille nécessitant une réfection complète peut ainsi générer plusieurs années d'imposition réduite à zéro sur les revenus fonciers.

Déduire les intérêts d'emprunt

Les intérêts d'un prêt immobilier contracté pour l'acquisition ou l'amélioration d'un bien donné en location nue sont intégralement déductibles des revenus fonciers au régime réel. Sur un investissement locatif financé à crédit, cette déduction représente souvent la charge la plus significative, particulièrement dans les premières années du remboursement. Une simulation réaliste doit toujours intégrer le montant des intérêts pour estimer l'imposition effective.

Choisir le régime réel plutôt que le micro-foncier

Le régime micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts, sans justificatif de charges. Il est accessible aux propriétaires dont les revenus fonciers bruts annuels n'excèdent pas 15 000 €. Pour les propriétaires supportant des charges réelles supérieures à 30 % de leurs loyers, ce qui est fréquent dès lors qu'un crédit immobilier est en cours, le régime réel est systématiquement plus avantageux.

Régime Base imposable Conditions
Micro-foncier Loyers bruts - 30 % forfaitaire Revenus bruts ≤ 15 000 €/an
Régime réel Loyers bruts - charges réelles Toujours possible sur option

Quand le LMNP peut devenir plus avantageux ?

La location meublée non professionnelle (LMNP) relève du régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non des revenus fonciers. Ce changement de catégorie fiscale ouvre l'accès à l'amortissement comptable du bien et du mobilier, permettant dans 80 % des cas de ramener l'imposition à zéro pendant plusieurs années.

Pour un expatrié propriétaire d'un bien meublé, le passage au statut LMNP au régime réel BIC peut être une option décisive. Sur un bien à 220 000 €, l'amortissement annuel est d'environ 5 500 € sur 40 ans, déductible des loyers perçus.

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Dans quel pays payez-vous réellement l'impôt ?

La France a conclu des conventions fiscales bilatérales avec plus de 130 pays. Ces conventions définissent lequel des deux États a le droit d'imposer les revenus fonciers. Pour les revenus issus de biens immobiliers situés en France, la règle quasi universelle dans ces conventions attribue le droit d'imposition à la France, l'État de la source.

Votre pays de résidence peut cependant prendre ces revenus en compte pour le calcul de votre taux d'imposition sur vos revenus mondiaux, ce qui peut augmenter marginalement votre impôt local.

Pays de résidence Où les loyers sont-ils imposés ? Prélèvements sociaux Particularité à connaître
Émirats arabes unis (Dubaï) France 17,2 % Aucun impôt sur le revenu local. Les loyers français ne sont pas taxés aux EAU.
Suisse France 7,5 % Taux réduit pour les personnes affiliées au régime de sécurité sociale suisse.
Royaume-Uni France 7,5 % sous conditions Crédit d'impôt possible pour éviter une double taxation.
Canada France 17,2 % Les revenus immobiliers restent pris en compte dans la déclaration canadienne.
Singapour France 17,2 % Fiscalité locale généralement favorable mais déclaration à vérifier selon la situation.
Hong Kong France 17,2 % Absence de double imposition sur les revenus immobiliers français.

Ces taux de prélèvements sociaux peuvent varier: le facteur déterminant reste votre affiliation à un régime de sécurité sociale, et non votre seul pays de résidence.

Comment déclarer ses revenus locatifs lorsque l'on vit à l'étranger ?

Tout propriétaire non-résident qui perçoit des loyers en France doit déclarer ces revenus à l'administration fiscale française. Selon sa situation et son régime d'imposition, plusieurs formulaires peuvent être nécessaires. Le tableau ci-dessous résume leur rôle.

Formulaire À quoi sert-il ? Qui est concerné ?
2044 Déclarer les loyers perçus, les charges déductibles et calculer le résultat foncier net. Propriétaires soumis au régime réel.
2042 Reporter les revenus nets et déterminer l'imposition globale due en France. Tous les contribuables déclarant des revenus de source française.
2042-NR Déclarer les revenus perçus en tant que non-résident et, le cas échéant, demander l'application du taux effectif. Personnes vivant à l'étranger et percevant des revenus imposables en France.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Certaines omissions peuvent entraîner un redressement fiscal ou une imposition plus élevée que nécessaire :

  • supposer que les loyers seront automatiquement déclarés par l'agence immobilière ;
  • oublier d'intégrer les prélèvements sociaux dans l'estimation de la fiscalité ;
  • ne pas demander l'application du taux effectif lorsque celui-ci est plus avantageux ;
  • omettre certaines charges déductibles au régime réel ;
  • négliger les obligations spécifiques liées au statut de non-résident.

Enfin, dans certaines situations, notamment lorsque les recettes locatives dépassent certains seuils ou selon le pays de résidence, des formalités complémentaires peuvent être requises auprès de l'administration fiscale française. Il est donc recommandé de vérifier sa situation avant chaque déclaration.

Simulations : combien d'impôts paie réellement un expatrié ?

Pour illustrer concrètement l'impact combiné de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, voici trois simulations représentatives pour un expatrié hors UE au régime réel, avec 20 % de charges déductibles.

Revenus fonciers bruts Revenu net imposable IR (20 %) Prélèvements sociaux (17,2 %) Total impôts
10 000 € 8 000 € 1 600 € 1 376 € 2 976 €
20 000 € 16 000 € 3 200 € 2 752 € 5 952 €
40 000 € 32 000 € 6 400 € (partie à 20 %) + surplus à 30 % 5 504 € ~12 900 €

Ces simulations concernent un profil hors EEE/Suisse/Royaume-Uni, non affilié à un régime de sécurité sociale ouvrant droit à l'exonération de CSG/CRDS. Elles montrent qu'en l'absence d'optimisation fiscale (déficit foncier, taux moyen, passage au LMNP), la charge fiscale totale d'un tel profil représente environ 30 % de ses revenus locatifs nets. Une gestion fiscale active peut ramener ce ratio à 10-15 % dans de nombreuses situations.

Taux imposition revenus fonciers non résidents : anticipez pour payer le juste montant !

Comprendre le taux imposition revenus fonciers non résidents est essentiel pour éviter les erreurs déclaratives et limiter une fiscalité inutilement élevée.

Entre le taux minimum de 20 %, le passage à 30 % au-delà de certains seuils, les prélèvements sociaux, l'option pour le taux moyen ou encore les mécanismes liés au déficit foncier, plusieurs dispositifs peuvent avoir un impact direct sur la rentabilité de votre investissement immobilier en France. Pour les expatriés, la maîtrise des conventions fiscales internationales et des obligations déclaratives est également indispensable afin de sécuriser leur situation fiscale.

Vous êtes expatrié et propriétaire en France ? La fiscalité des non-résidents peut rapidement devenir complexe, notamment lorsque plusieurs pays sont concernés ou que votre patrimoine immobilier évolue. Depuis 2012, MyExpat accompagne les Français de l'étranger dans leurs projets immobiliers, leurs démarches fiscales et l'optimisation de leurs investissements locatifs en France.

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Les non-résidents sont en principe exonérés de CSG et de CRDS sur leurs revenus fonciers. En revanche, ils sont soumis au prélèvement de solidarité de 7,5 %, ou au taux global de 17,2 % s'ils ne sont pas affiliés à un régime de sécurité sociale d'un État de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse.

Le taux minimum applicable aux revenus fonciers de source française des non-résidents est de 20 % en vertu de l'article 197 A du CGI, applicable jusqu'à 28 797 € de revenu net imposable. Au-delà, le taux minimum passe à 30 %.

Grâce aux conventions fiscales internationales, la double imposition est généralement évitée ou limitée. Pour les revenus fonciers, la France détient le droit d'imposition principal en tant qu'État de la source du bien. Le pays de résidence de l'expatrié accorde dans la plupart des cas un crédit d'impôt ou exonère ces revenus pour éviter la double imposition.

Pour bénéficier du taux moyen, il faut déclarer l'ensemble de ses revenus mondiaux sur le formulaire 2042-NR en cochant l'option prévue à cet effet. L'administration fiscale française calcule alors le taux effectif correspondant et l'applique si celui-ci est inférieur au taux minimum de 20 %.

Un expatrié au régime réel doit remplir le formulaire 2044 (revenus fonciers détaillés), le formulaire 2042 (déclaration générale de revenus) et le formulaire 2042-NR (spécifique aux non-résidents). Ces trois documents sont à déposer avant la date limite de déclaration applicable à votre département ou à votre situation de non-résident.

Mickaël ZONTA
Mickaël ZONTA

Co-fondateur, MyExpat

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Mickael Zonta est cofondateur de Myexpat et spécialiste de l'investissement immobilier clé en main. Diplômé d'une école de commerce et certifié dans les domaines de l'immobilier et de la gestion patrimoniale, il accompagne depuis plus de dix ans des investisseurs français et expatriés. Auteur et conférencier reconnu, il partage son expertise sur la fiscalité, la rentabilité et la constitution de patrimoine immobilier.

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