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Modifié le 10 juin 2026 Par Manuel Ravier
5 min

Non-résident achat immobilier : comment investir en France ?

Non-résident achat immobilier : démarches, fiscalité, stratégie pour investir en France ?

Non-résident qui achète un immobilier en France

Un non-résident peut acheter un bien immobilier en France, qu'il s'agisse d'une résidence secondaire ou d'un investissement locatif. En revanche, le financement bancaire, la fiscalité applicable et la gestion à distance obéissent à des règles spécifiques qui varient selon le pays de résidence fiscale de l'acquéreur.

En 2026, les Français établis à l'étranger sont plus de 1,8 million à détenir un patrimoine immobilier en France, selon les données des notaires. L'investissement locatif reste leur premier levier de diversification patrimoniale, bien avant les placements financiers.

Cet article couvre tout ce qu'un non-résident doit savoir avant d'acheter : conditions de financement, fiscalité 2026, étapes concrètes, structure juridique adaptée, et erreurs les plus coûteuses à éviter. 

Un non-résident peut-il acheter un bien immobilier en France ?

La réponse est oui, sans restriction particulière. La loi française n’impose aucune condition de résidence pour réaliser une vente immobilière sur le territoire. Ainsi, qu’il s’agisse d’un expatrié, d’un investisseur étranger ou d’une personne installée à l’étranger, chaque acquéreur peut finaliser son projet devant notaire, y compris pour une propriété à usage résidentiel.

Dans certains cas, un acheteur canadien ou des canadiens installés au Québec peuvent également investir dans l’immobilier français sans contrainte supplémentaire, sous réserve de respecter les règles bancaires et fiscales locales. Le compromis de vente reste une étape clé, encadrée par le notaire, qui sécurise la transaction entre les parties.

Qui est considéré comme non-résident fiscal ?

Selon l’article 4 B du Code général des impôts, une personne est considérée comme non-résidente fiscale lorsque son foyer, son activité principale ou le centre de ses intérêts économiques est situé à l’étranger. Cette situation influence directement la taxe applicable sur les revenus issus de l’immobilier en France.

Concrètement, un cadre expatrié en situation de travail à l’étranger, un consultant basé à Singapour ou un investisseur installé à Montréal entrent dans cette catégorie, même s’ils conservent un lien avec la France, notamment via certaines villes comme Paris ou Lyon où ils détiennent parfois un bien résidentiel.

Quels types de biens peuvent être achetés ?

Un non-résident peut acquérir différents biens immobiliers : une résidence secondaire, un investissement locatif, un appartement en centre-ville ou encore un immeuble destiné à la location. Certaines opérations impliquent une meilleure anticipation de la fiscalité immobilière afin d’éviter toute interdiction bancaire ou administrative liée à la situation de financement.

Dans la pratique, les experts recommandent d’adapter la stratégie selon le type de propriété visée, qu’elle soit située dans des grandes villes comme Paris ou dans des zones plus accessibles. Le choix de l’acquéreur dépend alors de ses objectifs patrimoniaux, de son pays de résidence et de la structure de détention envisagée.

Idées reçues sur l'achat immobilier des non-résidents

❌ "Les banques françaises ne prêtent pas aux expatriés" → FAUX. Elles prêtent, avec un apport renforcé.

❌ "Il faut payer double impôt" → FAUX. Les conventions fiscales évitent la double imposition.

❌ "Gérer un bien depuis l'étranger est impossible" → FAUX. Les outils de gestion déléguée permettent un suivi total à distance.

❌ "Il faut être de nationalité française" → FAUX. N'importe quel ressortissant étranger peut acheter en France.

Pourquoi investir dans l’immobilier français depuis l’étranger ?

L’immobilier français attire de nombreux expatriés pour des raisons patrimoniales qui dépassent la simple logique de rendement. En 2024, les prix immobiliers ont reculé d’environ -4,6 % en moyenne nationale selon les Notaires de France, ce qui a créé des opportunités d’entrée pour les investisseurs disposant de liquidités à l’étranger. Derrière ces achats, on retrouve souvent une stratégie de construction de patrimoine solide et de transmission sur le long terme, dans un marché encore considéré comme l’un des plus transparents de la zone euro.

Diversifier son patrimoine hors du pays d’expatriation

Concentrer l’ensemble de son patrimoine dans le pays d’expatriation expose à plusieurs risques : variation du taux de change, instabilité politique ou encore évolution rapide de la fiscalité locale. La Banque de France rappelle que l’euro reste une des monnaies les plus stables du système financier mondial, avec une inflation revenue autour de 2,5 % en 2024, après les pics de 2022.

Dans ce contexte, l’immobilier français constitue une base plus stable, adossée à une zone monétaire robuste. Cette logique est particulièrement visible chez les investisseurs canadiens installés au Québec, où le taux directeur a dépassé 5 % en 2023, rendant certains financements locaux plus coûteux que les stratégies d’investissement transatlantique. Même si la vente d’un bien peut générer une taxe sur la plus-value immobilière pouvant atteindre 19 % + prélèvements sociaux, cette fiscalité est généralement intégrée dans une stratégie globale d’optimisation patrimoniale.

Construire un patrimoine transmissible en France

Les règles du droit successoral français s’appliquent aux biens situés sur le territoire, quelle que soit la résidence de la personne propriétaire. En 2023, les droits de succession en ligne directe peuvent atteindre jusqu’à 45 % au-delà de 1,8 million d’euros transmis, selon les barèmes de l’administration fiscale française (impots.gouv.fr).

Cette particularité intéresse particulièrement les expatriés souhaitant sécuriser la transmission de leur patrimoine immobilier. Dans certaines situations, le recours à une structure comme une SCI permet d’organiser la propriété et de faciliter les démarches entre héritiers, notamment lorsque plusieurs villes françaises sont concernées par les investissements. Le notaire joue alors un rôle central dans la sécurisation juridique de l’opération, en lien avec les experts patrimoniaux, surtout lorsque la valeur du bien dépasse 200 000 à 500 000 euros, seuil fréquent dans les grandes métropoles.

Préparer un retour en France

L’achat immobilier réalisé pendant une période de travail à l’étranger s’inscrit souvent dans une logique de préparation du retour. En 2024, plus de 1,7 million de Français vivent à l’étranger selon le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et une part significative anticipe un retour à moyen ou long terme.

Anticiper une habitation future permet de bénéficier de l’évolution du marché et de sécuriser un logement dans des zones recherchées comme Paris, où le prix moyen reste autour de 10 000 €/m² dans certains arrondissements, ou d’autres grandes villes françaises comme Lyon ou Bordeaux.

Cette stratégie permet aussi de lisser le coût d’acquisition dans le temps et de compenser une partie du crédit via les loyers perçus, qui affichent en moyenne un rendement brut de 3 à 6 % selon les villes (INSEE / MeilleursAgents 2024).

Même si aucune interdiction n’existe pour un non-résident, la planification en amont reste un levier déterminant pour optimiser la gestion globale du projet immobilier sur plusieurs années.

Comment financer un achat immobilier lorsqu’on est non-résident ?

Le financement représente souvent le principal défi pour un expatrié souhaitant réaliser un achat immobilier en France. Contrairement à une idée reçue, les banques françaises continuent de financer les non-résidents, mais elles appliquent des critères plus stricts afin de tenir compte du risque de change, de l’éloignement géographique et de la stabilité des revenus perçus à l’étranger.

Selon les professionnels du courtage spécialisés dans l’accompagnement des expatriés, les établissements bancaires examinent principalement le pays de résidence fiscale, la nature des revenus, le taux d’endettement et le niveau d’épargne disponible avant d’accorder un financement.

Les banques françaises prêtent-elles aux expatriés ?

Oui. Plusieurs établissements, dont le Crédit Agricole, BNP Paribas ou la Banque Palatine, disposent de services dédiés aux non-résidents. Certaines banques privées et filiales internationales proposent également des solutions adaptées aux Français installés à l’étranger.

En 2026, les taux immobiliers accordés aux expatriés se situent généralement entre 3,9 % et 4,5 % sur 20 ans, contre 3,6 % à 4,0 % pour un résident fiscal français. Cet écart reste relativement limité, mais il reflète le risque supplémentaire associé à un emprunteur vivant hors de France.

Les profils les plus recherchés sont souvent les cadres dirigeants, les professions libérales ou les salariés bénéficiant d’un contrat stable dans des pays économiquement solides comme le Canada, Singapour, les Émirats arabes unis ou le Royaume-Uni.

Quel apport faut-il prévoir en 2026 ?

L’apport personnel constitue l’un des critères les plus déterminants pour obtenir un accord de financement. Dans la majorité des dossiers, les banques exigent un apport compris entre 20 % et 30 % du coût total de l’opération, frais de notaire inclus.

Pour certains pays considérés comme plus risqués ou lorsque les revenus sont perçus dans une devise volatile, cet apport peut atteindre 40 % du montant du projet.

À titre d’exemple, pour un investissement immobilier de 250 000 €, un expatrié devra généralement mobiliser entre 50 000 € et 75 000 € d’apport personnel. Sur un projet de 400 000 €, l’enveloppe demandée peut facilement dépasser 100 000 € une fois les frais annexes intégrés.

Cette exigence permet aux banques de limiter leur risque tout en démontrant la capacité de l’investisseur à constituer une épargne significative.

Quels revenus sont pris en compte ?

Les banques françaises peuvent intégrer plusieurs catégories de revenus dans leur analyse :

  • les salaires perçus à l’étranger ;
  • les revenus issus d’une activité indépendante ;
  • les dividendes versés par une société ;
  • les revenus locatifs déjà existants ;
  • certains revenus financiers récurrents.

Toutefois, les revenus étrangers ne sont pas toujours retenus à 100 %. Lorsqu’ils sont versés en dollar américain, en dirham ou en dollar singapourien, une décote comprise entre 20 % et 30 % est fréquemment appliquée afin de tenir compte des fluctuations de change.

Concrètement, un expatrié percevant l’équivalent de 6 000 € par mois dans une devise étrangère pourra parfois être analysé par la banque sur une base de 4 200 à 4 800 € mensuels seulement. Cette méthode réduit mécaniquement la capacité d’emprunt.

Un non-résident qui achète un bien immobilier en France

Quels pays facilitent l’obtention d’un crédit immobilier ?

La localisation de l’expatrié influence directement la décision bancaire. Les dossiers provenant de pays disposant d’une forte stabilité économique et réglementaire sont généralement mieux perçus.

Les profils installés au Canada, à Singapour, aux Émirats arabes unis ou en Suisse bénéficient souvent d’un accès plus simple au financement que ceux résidant dans des pays présentant une forte volatilité monétaire ou un environnement juridique moins sécurisé.

Pour maximiser les chances d’obtenir un accord, il est recommandé de préparer un dossier complet comprenant les justificatifs de revenus, les avis fiscaux locaux, les relevés bancaires récents ainsi qu’une stratégie patrimoniale cohérente. Dans la pratique, la qualité du dossier compte souvent autant que le niveau de revenus affiché.

Les 5 causes les plus fréquentes de refus bancaire

1. Apport insuffisant (inférieur à 20 %)

2. Revenus dans une devise hors zone euro avec forte volatilité

3. Pays de résidence figurant sur liste GAFI ou zone à risque

4. Absence de lien patrimonial antérieur avec la France

5. Taux d'endettement global supérieur à 35 % des revenus nets

Comparaison résident vs non-résident

Critère

Résident

Non-résident

Apport moyen

10 – 15 %

20 – 30 %

Durée d'emprunt max

25 ans

20 ans

Taux moyen 2026

3,6 – 4,0 %

3,9 – 4,5 %

Garantie exigée

Caution bancaire

Hypothèque fréquente

Quelles sont les étapes d’un achat immobilier depuis l’étranger

Acheter un bien immobilier depuis l’étranger suit globalement le même parcours qu’un achat réalisé depuis la France. Toutefois, la distance ajoute plusieurs contraintes administratives, bancaires et logistiques qu’il convient d’anticiper dès le début du projet.

Selon les Notaires de France, les délais moyens entre la signature du compromis de vente et l’acte authentique sont généralement compris entre 2 et 4 mois, selon la complexité du dossier et les conditions de financement. Pour un expatrié, cette période peut être légèrement plus longue lorsque des documents étrangers doivent être transmis ou traduits.

1. Définir son projet immobilier

La première étape consiste à déterminer l'objectif de l'acquisition. Certains expatriés recherchent une résidence secondaire pour leurs séjours en France, tandis que d'autres privilégient un investissement locatif afin de générer des revenus complémentaires.

Le choix du projet influence directement le financement, la fiscalité applicable et le rendement attendu. Un appartement loué en LMNP à Lyon ou à Nantes ne répondra pas aux mêmes objectifs qu'une résidence destinée à préparer un retour en France.

2. Évaluer son budget global

Le prix d'achat ne représente qu'une partie du coût réel de l'opération. Un investisseur non-résident doit également intégrer :

  • les frais de notaire ;
  • l'apport personnel ;
  • les frais de dossier bancaire ;
  • les frais de garantie ;
  • les éventuels frais de change ou de transfert de fonds.

Pour un bien ancien de 250 000 €, le budget global peut facilement atteindre 270 000 € à 280 000 € une fois l'ensemble des frais pris en compte.

3. Obtenir un accord bancaire de principe

Cette étape est souvent négligée par les expatriés. Pourtant, disposer d'un accord de principe avant de commencer les visites permet de sécuriser le projet et de gagner un temps précieux.

Les banques analysent notamment le pays de résidence, la stabilité professionnelle, l'épargne disponible et le taux d'endettement. Un dossier solide augmente considérablement les chances d'obtenir un financement dans de bonnes conditions.

4. Rechercher le bien immobilier

La recherche peut être réalisée à distance grâce aux visites virtuelles, aux agences immobilières spécialisées ou à un chasseur immobilier.

De nombreux investisseurs expatriés privilégient aujourd'hui les grandes métropoles comme Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes ou Lille, où la demande locative reste soutenue et la gestion à distance plus simple à organiser.

5. Signer le compromis de vente

Une fois le bien sélectionné, les parties signent un compromis de vente qui fixe les principales conditions de la transaction.

Depuis plusieurs années, cette étape peut être réalisée à distance grâce à la signature électronique ou via une procuration donnée à un représentant en France. Cette solution évite à l'acquéreur de devoir effectuer un déplacement uniquement pour signer les documents.

6. Finaliser le financement

Après réception de l'offre de prêt, l'emprunteur doit respecter un délai légal de réflexion de 11 jours calendaires avant de pouvoir accepter définitivement le financement.

Durant cette période, la banque procède aux dernières vérifications administratives avant le déblocage des fonds.

7. Signer l'acte authentique chez le notaire

La signature de l'acte authentique marque le transfert officiel de propriété. À cette date, l'acquéreur devient juridiquement propriétaire du bien.

Le notaire vérifie l'ensemble des documents, sécurise les flux financiers et procède aux formalités de publicité foncière nécessaires à l'enregistrement de la transaction.

8. Mettre le bien en location et gérer les obligations fiscales

Lorsque le bien est destiné à l'investissement locatif, l'étape suivante consiste à trouver un locataire, mettre en place la gestion locative et déclarer les revenus perçus à l'administration fiscale française.

Cette phase est souvent confiée à une agence spécialisée afin de simplifier la gestion à distance et de sécuriser les loyers.

Peut-on signer un achat immobilier à distance ?

Oui. Depuis la généralisation de l'acte authentique électronique, les expatriés peuvent finaliser une acquisition sans se déplacer en France.

Le rendez-vous est organisé en visioconférence sécurisée avec le notaire. L'identité de l'acquéreur est vérifiée en amont, puis les documents sont signés électroniquement avec la même valeur juridique qu'une signature manuscrite.

Cette évolution a considérablement facilité les investissements immobiliers réalisés depuis l'étranger, notamment pour les Français installés à Dubaï, Singapour, Montréal ou Londres.

Quel est le rôle du notaire dans un achat immobilier ?

Le notaire occupe une place centrale dans la transaction immobilière. Officier public nommé par l'État, il garantit la sécurité juridique de l'opération et protège les intérêts de l'acheteur comme du vendeur.

Ses principales missions consistent à :

  • vérifier la propriété du bien ;
  • contrôler l'absence d'hypothèque ou de servitude problématique ;
  • rédiger les actes juridiques ;
  • collecter les taxes liées à la transaction ;
  • publier l'acte auprès du service de publicité foncière.

Pour un bien ancien, les frais d'acquisition représentent généralement entre 7 % et 8 % du prix d'achat, dont une grande partie correspond aux droits de mutation reversés à l'État et aux collectivités locales.

Quelle fiscalité pour un non-résident propriétaire en France ?

La fiscalité est souvent la partie la plus mal anticipée. En 2026, les règles applicables aux non-résidents combinent impôt sur les revenus français et prélèvements sociaux.

Fiscalité des revenus locatifs

Les revenus fonciers de source française sont imposables en France, même pour un non-résident. Deux régimes sont possibles :

  • Micro-foncier (location nue) : abattement forfaitaire de 30 %, applicable si les recettes n'excèdent pas 15 000 €/an.
  •  Régime réel : déduction des charges réelles (intérêts, travaux, charges de copropriété). Conseillé dès que les charges dépassent 30 % des loyers.
  • LMNP régime réel : déduction des amortissements du bien et du mobilier. Permet souvent de ramener l'imposition à zéro. Exemple : sur un bien à 220 000 €, l'amortissement annuel représente environ 5 500 € sur 40 ans.

Les prélèvements sociaux sont-ils applicables ?

Oui. Depuis 2021, les non-résidents ressortissants de l'UE/EEE sont soumis aux prélèvements sociaux à 7,5 % (au lieu de 17,2 %) sur leurs revenus fonciers français. Les résidents hors UE, eux, sont assujettis au taux plein de 17,5 %.

Le rôle des conventions fiscales

La France a conclu plus de 130 conventions fiscales bilatérales. Elles déterminent quel État a le droit d'imposer les revenus immobiliers français et évitent la double imposition. La convention applicable dépend du pays de résidence de l'acheteur, à vérifier systématiquement avec un conseiller fiscal avant tout achat.

Formulaires fiscaux à connaître

  • 2042 : déclaration de revenus généraux
  • 2044 : revenus fonciers au régime réel
  • 2042-C : revenus complémentaires (LMNP micro-BIC)
  • DINR : déclaration spécifique non-résidents (via impots.gouv.fr)

Quels frais prévoir lors d'un achat immobilier non-résident ?

Au-delà du prix du bien, plusieurs postes de coûts sont spécifiques aux acheteurs non-résidents.

Simulation de frais sur un achat à 250 000 €

Poste de frais

Montant estimé

Remarque

Frais de notaire

17 500 – 20 000 €

7 – 8 % pour un bien ancien

Frais bancaires (dossier + garantie)

3 000 – 5 000 €

Hypothèque souvent exigée

Frais de change / transfert

500 – 1 500 €

Si apport en devises étrangères

Gestion locative annuelle

720 – 1 500 €

6 – 10 % des loyers HT

Représentant fiscal (si revenus > 15 000 €)

300 – 600 €/an

Obligatoire hors UE

Acheter en nom propre ou en SCI lorsqu'on est non-résident ?

Le choix de la structure juridique a des conséquences importantes sur la fiscalité, la transmission et la capacité à emprunter. Il doit être arrêté avant la signature du compromis.

Critère

Nom propre

SCI

Fiscalité revenus locatifs

IR + PS (régime réel ou micro)

Transparence fiscale par défaut (IR)

Transmission

Droits de succession sur pleine valeur

Démembrement possible, abattements sur parts

Gestion

Simple, directe

Statuts, assemblées générales requises

Financement

Crédit à la personne physique

Crédit plus complexe, garanties accrues

 

Les avantages de la SCI pour un expatrié

La SCI facilite la transmission progressive du patrimoine (donation de parts avec abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans), permet plusieurs associés et organise la gouvernance en cas de mésentente. Elle est particulièrement adaptée aux achats d'immeubles de rapport ou aux familles avec plusieurs enfants.

Les limites de la SCI pour un non-résident

En 2026, une taxe somptuaire s'applique aux patrimoines SCI supérieurs à 5 M€. Par ailleurs, certaines banques refusent de financer une SCI dont les associés sont tous non-résidents, faute de domiciliation française.

Accompagnement SCI d'un expatrié pour un achat immobilier en France non-résident

Comment gérer un bien immobilier depuis l'étranger ?

La gestion à distance est l'une des préoccupations les plus légitimes des expatriés investisseurs, et l'une des plus facilement résolues en 2026.

Gestion autonome ou gestion déléguée ?

La gestion locative déléguée (confiée à une agence ou un gestionnaire spécialisé) est la solution retenue par la majorité des expatriés. Elle coûte entre 6 % et 10 % des loyers HT et inclut la recherche de locataires, la rédaction du bail, l'état des lieux, l'encaissement et le suivi des impayés.

Les outils digitaux utilisés par les expatriés

•       Plateformes de gestion locative en ligne (suivi des loyers, documents dématérialisés)

•       Applications bancaires multi-devises pour les transferts internationaux

•       Signature électronique pour les renouvellements de bail ou avenants

•       Visioconférence avec le gestionnaire ou l'agence pour les décisions importantes

Comment sécuriser les loyers ?

La garantie loyers impayés (GLI) est accessible même pour un propriétaire non-résident. Elle couvre jusqu'à 36 mois de loyers impayés et se souscrit lors de la mise en location. Le coût annuel représente environ 2 à 4 % des loyers bruts.

Les erreurs qui coûtent le plus cher aux non-résidents

Beaucoup d'expatriés découvrent au moment de leur première déclaration que leurs revenus locatifs français sont imposables en France, même si l'impôt est payé à l'étranger. La convention fiscale atténue la double imposition mais ne la supprime pas toujours totalement.

Acheter uniquement pour défiscaliser

Choisir une ville sur la seule base d'un dispositif fiscal (Denormandie, Loc'Avantages) sans analyser le marché locatif local est une erreur classique. Un rendement brut inférieur à 4 % dans une ville à faible demande locative ne justifie pas l'investissement, même avec avantage fiscal.

Négliger le financement

Commencer les visites avant d'avoir obtenu un accord de principe bancaire est risqué. En tant que non-résident, le délai d'obtention d'un crédit peut atteindre 3 à 4 mois, il faut l'anticiper dès le départ.

Choisir un mauvais régime fiscal

Opter pour le micro-BIC en LMNP alors que les charges réelles représentent plus de 50 % des loyers est une erreur coûteuse. Un simulateur fiscal personnalisé réalisé avant l'achat permet de choisir le régime optimal et d'éviter une sur-imposition pouvant durer plusieurs années.

Mal anticiper son retour en France

Si le bien est occupé par un locataire au moment du retour, le propriétaire devra attendre la fin du bail (souvent 3 ans en location vide) pour récupérer son logement. L'anticiper en signant des baux mobilité ou en choisissant une gestion flexible est indispensable.

Ce qu'il faut retenir

L'achat immobilier pour un non-résident en France est non seulement possible, mais constitue en 2026 une stratégie patrimoniale solide pour de nombreux expatriés. Les quatre points à retenir : l'achat est ouvert sans restriction de nationalité, le crédit est accessible avec un apport renforcé, la fiscalité doit être anticipée dès la phase de projet, et la gestion à distance est parfaitement maîtrisable grâce aux outils disponibles.

L'immobilier français reste une valeur refuge dans un contexte international incertain : marché réglementé, devise stable, protection juridique du bailleur renforcée. Il offre aux expatriés une base patrimoniale ancrée en France, quelle que soit la durée de leur expatriation.

Vous souhaitez acheter un bien immobilier en France tout en vivant à l'étranger ? Nos experts accompagnent chaque année des expatriés installés à Dubaï, Singapour, Londres ou Montréal dans leur projet d'investissement locatif. Réalisez une simulation personnalisée pour identifier les villes, le financement et la stratégie fiscale les plus adaptés à votre situation.

 

Oui, aucune condition de résidence n'est requise. La loi française permet à tout particulier, quelle que soit sa nationalité ou son lieu de résidence, d'acquérir un bien immobilier en France. La seule contrainte est de respecter les démarches notariales habituelles et, le cas échéant, de désigner un représentant fiscal.

En 2026, les banques françaises exigent généralement entre 20 % et 30 % d'apport pour un non-résident, frais de notaire inclus. Ce taux peut monter à 40 % selon le pays de résidence et la devise dans laquelle sont perçus les revenus.

Oui, mais avec des conditions plus strictes qu'en résidence principale. L'apport minimum est plus élevé, la durée maximale est souvent limitée à 20 ans, et certains pays de résidence compliquent l'accès au financement (listes de pays à risque GAFI). Des banques disposent de desks dédiés aux expatriés.

Oui. Les revenus locatifs de source française sont imposables en France pour tout propriétaire, résident ou non. Le taux minimum applicable aux non-résidents hors UE est de 20 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux. Une convention fiscale peut permettre d'éviter la double imposition avec le pays de résidence.

Oui. Une SCI peut être constituée avec des associés non-résidents. La gestion quotidienne peut être assurée à distance. En revanche, le financement d'une SCI dont tous les associés sont non-résidents est plus complexe, et certains dispositifs fiscaux ne sont pas accessibles aux SCI à l'IS.

Manuel Ravier
Manuel Ravier

Co-fondateur, MyExpat

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Manuel Ravier est diplômé en finance et gestion de patrimoine et cofondateur de sociétés spécialisées en investissement immobilier locatif. Il possède plus de 15 ans d’expérience dans l’accompagnement d’investisseurs particuliers et expatriés. Certifié en ingénierie patrimoniale et structuration d’actifs immobiliers, il intervient sur des opérations de financement et d’optimisation fiscale. Il a accompagné plusieurs milliers d’investisseurs dans la création de revenus immobiliers et la sécurisation de leurs projets. Son expertise porte sur l’investissement locatif, le financement bancaire et les stratégies patrimoniales long terme.

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