Acheter un bien immobilier en France depuis l’étranger, c’est souvent un projet excitant. On pense au rendement, à la ville, au financement… puis les frais arrivent. Dans la réalité, les frais d’achat immobilier représentent plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros. Et trop souvent, ils sont sous-estimés. Résultat : un projet qui bloque, ou un budget qui explose.
Nous allons donc aller droit au but. Combien allez-vous réellement payer ? À quoi correspondent ces frais ? Et surtout, comment les anticiper intelligemment quand on est expatrié ?
Combien coûtent les frais d’achat immobilier en France ?
Entrons directement dans le concret.
En France, les frais d’achat immobilier, souvent appelés “frais de notaire”, varient selon le type de bien :
- Dans l’ancien : comptez entre 7 % et 8 % du prix du bien
- Dans le neuf : les frais descendent à 2 % à 3 %
Cette différence s’explique principalement par la fiscalité appliquée. Dans l’ancien, une grande partie des frais correspond à des taxes. Dans le neuf, elles sont fortement réduites.
👉 Pour un bien acheté 250 000 € dans l’ancien, vous devez prévoir environ 20 000 € de frais en plus du prix d’achat.
👉 Sur un bien neuf au même prix, les frais tournent plutôt autour de 5 000 € à 7 500 €.
Et c’est là que beaucoup d’acheteurs se font surprendre.
Quand vous achetez depuis l’étranger, ces frais ne sont, dans la majorité des cas, pas financés par la banque. Vous devez donc les couvrir avec votre apport personnel.
Nous le constatons régulièrement sur le terrain : des projets pourtant bien construits échouent simplement parce que ces frais n’ont pas été anticipés correctement.
Avant même de parler rentabilité ou stratégie, une question doit être claire : avez-vous intégré ces frais dans votre budget global dès le départ ?
Simulation concrète : quel budget total prévoir selon votre projet ?
Passons aux chiffres. Voici une vision claire et immédiate de ce que représentent réellement les frais d’achat immobilier selon votre budget.
Estimation des frais et budget total
|
Prix du bien |
Type de bien |
Frais estimés |
Budget total |
|
150 000 € |
Ancien |
~11 000 € |
161 000 € |
|
150 000 € |
Neuf |
~3 500 € |
153 500 € |
|
250 000 € |
Ancien |
~20 000 € |
270 000 € |
|
250 000 € |
Neuf |
~6 000 € |
256 000 € |
|
400 000 € |
Ancien |
~30 000 € |
430 000 € |
|
400 000 € |
Neuf |
~10 000 € |
410 000 € |
|
600 000 € |
Ancien |
~45 000 € |
645 000 € |
|
600 000 € |
Neuf |
~15 000 € |
615 000 € |
Ce que ces montants représentent vraiment
Mettons ces chiffres en perspective.
- 11 000 € → environ 10 à 14 mois de loyers
- 20 000 € → souvent 1,5 à 2 ans de loyers
- 30 000 € → entre 2 et 3 ans de loyers
- 45 000 € → parfois plus de 3 ans de loyers
On parle donc d’un effort financier réel, immédiat, et souvent sous-estimé.
Ce que cela change pour vous
Quand vous achetez depuis l’étranger, ces montants ne passent pas inaperçus. Vous devez les mobiliser dès le départ, sans financement dans la majorité des cas.
Concrètement, ces frais peuvent :
- réduire votre capacité d’investissement
- vous obliger à revoir votre budget à la baisse
- ou retarder votre projet
Nous le constatons souvent : un projet bien pensé peut se bloquer uniquement à cause de ces frais mal anticipés.

À quoi correspondent réellement les frais de notaire ?
L’expression “frais de notaire” ne correspond pas à une rémunération globale du notaire. Elle désigne un ensemble de montants encadrés par la loi, principalement composés de taxes, de frais réglementés et de débours.
La structure de ces frais est définie par plusieurs textes, notamment le Code général des impôts et les dispositions relatives aux droits de mutation à titre onéreux (articles 683 et suivants du CGI), ainsi que le décret n° 2016-230 du 26 février 2016 relatif aux tarifs des notaires.
Les droits de mutation (~80 %)
Cette part correspond aux droits de mutation à titre onéreux (DMTO).
Ils sont prélevés lors de toute vente immobilière dans l’ancien et sont composés principalement de taxes départementales et communales.
Base juridique : Code général des impôts, articles 683 à 736
Taux global constaté : environ 5,8 % à 6 % selon les départements
Dans la pratique, ces droits représentent environ 80 % du montant total des frais d’acquisition.
Les émoluments du notaire (~10 %)
La rémunération du notaire est strictement encadrée par le décret n° 2016-230 du 26 février 2016, qui fixe le tarif réglementé des notaires.
Ce tarif est proportionnel au prix du bien, selon un barème national identique sur tout le territoire.
Aucun libre choix de tarification n’est possible. Tous les notaires appliquent le même barème pour une même opération
Les débours et frais annexes (~10 %)
Les débours correspondent aux sommes avancées par le notaire pour le compte de l’acquéreur afin de finaliser la transaction.
Ils couvrent notamment :
- la publication de la vente au service de publicité foncière
- la consultation de documents cadastraux
- les demandes d’état civil et d’urbanisme
Ces frais sont nécessaires à la sécurisation juridique de l’acte, conformément aux obligations de publicité foncière prévues par le Code civil et le Code général des impôts.
Ce qu’il faut retenir
La répartition des frais d’acquisition est structurée de manière normative :
- environ 80 % de droits de mutation (fiscalité locale et nationale)
- environ 10 % d’émoluments réglementés par décret
- environ 10 % de débours liés aux formalités obligatoires
Ces frais ne constituent pas une marge commerciale du notaire, mais un mécanisme fiscal et réglementaire encadré par la loi.
Ancien vs neuf : quel impact réel sur vos frais (et votre rentabilité) ?
La différence entre un bien ancien et un bien neuf ne se limite pas à une question de prix affiché. Elle change directement le montant des frais d’acquisition, mais aussi la logique de rentabilité derrière votre investissement.
Dans l’ancien : des frais plus élevés mais plus de potentiel
Dans l’ancien, les frais d’achat se situent généralement entre 7 % et 8 % du prix du bien, principalement à cause des droits de mutation.
Concrètement, sur un bien à 250 000 €, cela représente environ 20 000 € de frais.
Mais l’analyse ne s’arrête pas là.
L’ancien présente souvent un autre avantage : un prix d’achat plus bas au m² et un potentiel de rentabilité locative plus élevé dans certaines villes.
Résultat fréquent :
- frais plus lourds à l’entrée
- mais rendement brut plus intéressant sur le long terme
- et parfois une meilleure marge de négociation à l’achat
C’est pour cette raison que de nombreux investisseurs acceptent un coût d’entrée plus élevé sur les frais.
Dans le neuf : des frais réduits mais un prix plus élevé
Dans le neuf, les frais d’acquisition sont réduits, généralement entre 2 % et 3 %.
Sur un bien à 250 000 €, cela représente environ 6 000 €.
À première vue, l’avantage semble évident. Mais le prix d’achat est souvent plus élevé, car il intègre :
- des coûts de construction récents
- des normes énergétiques plus strictes
- une prime liée au “clé en main”
👉 Résultat :
- frais d’entrée plus faibles
- mais prix au m² souvent supérieur
- rentabilité locative parfois plus comprimée
L’analyse réelle : ce n’est pas une question de frais
Comparer ancien et neuf uniquement sur les frais est une erreur fréquente.
La vraie question est la suivante :
“Quel est le coût global du projet par rapport au rendement attendu ?”
Dans certains cas, le neuf permet de sécuriser un investissement avec peu de travaux et une gestion simplifiée. Dans d’autres, l’ancien offre une meilleure performance financière malgré des frais d’entrée plus élevés.
Ce que font réellement les investisseurs expérimentés
Les investisseurs les plus structurés ne choisissent pas en fonction des frais seuls.
Ils arbitrent selon trois critères :
- le prix d’entrée global (achat + frais)
- le potentiel locatif réel du bien
- la capacité à générer du cash-flow ou de la valorisation
Dans cette logique, les frais ne sont plus un frein, mais une variable parmi d’autres.
Expatriés : les erreurs fréquentes qui font exploser le budget
Acheter depuis l’étranger change complètement la gestion d’un projet immobilier. Et sur le terrain, on observe toujours les mêmes erreurs : elles ne viennent pas du marché, mais d’un mauvais calibrage du budget dès le départ.
Sous-estimer les frais d’achat immobilier
Les frais d’acquisition en France sont encadrés par la fiscalité des droits de mutation (articles 683 et suivants du Code général des impôts).
- Ancien : 7 % à 8 %
- Neuf : 2 % à 3 %
Par exemple, un bien à 250 000 € dans l’ancien implique environ 18 000 € à 20 000 € de frais.
Ce montant n’est pas marginal. Selon les données des Notaires de France, ces frais représentent en moyenne l’équivalent de plusieurs mois à plusieurs années de loyers selon les villes.
Erreur fréquente côté expatriés : raisonner uniquement sur le prix du bien et oublier cette enveloppe obligatoire dès la signature.
Ignorer la contrainte d’apport pour les non-résidents
Les banques françaises appliquent une règle prudente sur les dossiers non-résidents, confirmée par les pratiques de financement encadrées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
Dans la majorité des cas : financement du bien possible, mais frais d’acquisition à financer en apport personnel
Concrètement, sur un bien à 250 000 €, il faut souvent prévoir 20 000 € à 25 000 € en cash minimum
Erreur fréquente: penser que tout peut être financé par le crédit.

Sous-estimer les coûts liés à l’international
Les expatriés ajoutent une couche de frais rarement intégrée dans les simulations :
- frais de transfert international : 0,5 % à 3 % selon les banques
- frais de change (spread bancaire) : souvent 0,5 % à 2 %
- frais de virements internationaux fixes : 20 € à 50 € par opération
Sur un investissement de 250 000 €, ces coûts peuvent représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Ce que montrent les données terrain (Notaires de France / INSEE)
Les statistiques publiées par les Notaires de France montrent que :
- les frais d’acquisition sont un facteur majeur de sous-estimation budgétaire
- les erreurs de financement concernent principalement les primo-investisseurs et non-résidents
Les analyses de l’INSEE sur les flux de mobilité internationale confirment également que les expatriés investissent souvent à distance avec une vision partielle du coût global du projet.
💬 Conseil de Manuel Ravier“Un projet immobilier échoue rarement à cause du prix du bien. Il échoue parce que les frais et les contraintes bancaires n’ont pas été intégrés dès le départ dans le plan de financement. Un investisseur sérieux ne raisonne jamais en prix d’achat, mais en budget global disponible.”- Manuel Ravier, expert et investisseur immobilier depuis 2012
Ce qu’il faut retenir
Un investissement depuis l’étranger ne se prépare pas comme un achat local.
Les trois points qui bloquent le plus souvent :
- 7 à 8 % de frais mal anticipés dans l’ancien
- apport insuffisant pour couvrir ces frais
- coûts bancaires et de change sous-estimés
Une fois ces éléments intégrés dès le départ, le projet devient immédiatement plus solide, plus réaliste et surtout finançable.
Comment réduire vos frais d’achat immobilier (légalement)
Les frais d’achat immobilier ne sont pas totalement fixes dans leur impact sur votre budget global. Même s’ils sont encadrés par le Code général des impôts et le décret tarifaire des notaires, plusieurs leviers permettent de réduire le coût réel d’un projet.
L’objectif n’est pas d’échapper aux frais, mais de mieux structurer votre acquisition pour alléger la facture globale.
Déduire la valeur du mobilier : un levier souvent sous-estimé
Dans un achat immobilier, le mobilier peut être dissocié du prix du bien. Cette pratique est encadrée fiscalement et admise dans l’acte de vente.
Concrètement, la part de mobilier n’est pas soumise aux droits de mutation.
Exemple :
- Prix du bien : 250 000 €
- Mobilier estimé : 10 000 €
- Base taxable : 240 000 €
Économie réalisée : environ 700 € à 800 € sur les frais d’acquisition
Dans certains dossiers bien structurés, la valeur de mobilier peut atteindre 2 % à 5 % du prix du bien, ce qui représente une optimisation non négligeable.
Négocier le prix net vendeur
Les frais étant calculés sur le prix d’achat, toute baisse du prix impacte directement les frais.
Exemple :
- prix initial : 300 000 €
- négociation : -10 000 €
- économie sur frais (~7,5 %) : 750 € environ
👉 Effet double :
- baisse du prix d’achat
- baisse mécanique des frais de notaire
C’est un levier simple mais souvent sous-exploité.
Choisir le neuf pour réduire mécaniquement les frais
Dans le neuf, les frais d’acquisition sont encadrés entre 2 % et 3 %, contre 7 % à 8 % dans l’ancien.
Exemple comparatif sur 250 000 € :
- ancien : ~20 000 €
- neuf : ~6 000 €
Économie directe : environ 14 000 €
Mais cette optimisation doit être analysée globalement, car le prix d’achat est souvent plus élevé dans le neuf, ce qui peut réduire l’avantage sur la rentabilité.
Optimisation globale : penser budget total, pas frais isolés
La vraie optimisation ne consiste pas seulement à réduire les frais, mais à optimiser le coût global du projet :
- prix d’achat négocié
- frais d’acquisition réduits
- fiscalité adaptée
- stratégie de financement optimisée
Sur un projet bien structuré, l’écart global peut représenter 5 000 € à 20 000 € d’optimisation selon le budget et la stratégie.
💬 Conseil de Mickael ZONTA“Chercher à réduire uniquement les frais de notaire est une erreur classique. La vraie performance vient de la négociation globale du projet : prix d’achat, fiscalité et stratégie de détention. C’est là que se gagnent réellement les milliers d’euros.”- Mickael ZONTA, expert immobilier, auteur de "Vive l'immobilier et Vive la Rente" (best-seller 2019)
Ce qu’il faut retenir
Réduire les frais d’achat immobilier est possible, mais uniquement via une approche structurée :
- dissocier intelligemment le mobilier
- négocier le prix du bien
- arbitrer entre neuf et ancien
- penser optimisation globale du projet
👉 Une bonne stratégie ne réduit pas seulement les frais : elle améliore la performance globale de l’investissement dès le départ.
Combien devez-vous vraiment prévoir pour sécuriser votre achat ?
Les frais d’achat immobilier en France ne doivent jamais être sous-estimés. Ils font partie du budget réel et influencent directement la faisabilité de votre projet, surtout lorsque vous investissez depuis l’étranger.
Dans l’ancien, il faut prévoir environ 7 % à 8 % du prix du bien, contre 2 % à 3 % dans le neuf. Sur un bien à 250 000 €, cela représente jusqu’à 20 000 € à anticiper en plus du prix d’achat.
Un projet devient solide lorsque ces montants sont intégrés dès le départ et financés correctement, sans fragiliser votre capacité d’investissement. À l’inverse, les oublis ou les calculs incomplets créent souvent des blocages au moment du financement ou de la signature.
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