Emmanuel Macron et l’immobilier : où en est-il par rapport à son programme ?

Partager l’article sur les réseaux sociaux :

Au début de son quinquennat, Emmanuel Macron bénéficiait d’un contexte favorable pour soutenir l’investissement locatif en France. Est-ce toujours le cas ? Comment la politique du Président de la République influe-t-elle sur le marché de l’immobilier ? L’année 2019 sera-t-elle compliquée pour les propriétaires et les investisseurs ?

Quelques changements pour cette année 2019

Disparition de la taxe d’habitation

Pour commencer, la taxe d’habitation continuera de disparaître progressivement d’ici 2020. Dès 2018, 80% des contribuables ont vu la taxe diminuer de 30%. Elle continuera à diminuer de 65% en 2019. Pour certains, c’est une bonne nouvelle, et pour d’autres, c’est une réforme inquiétante qui pourrait déséquilibrer les dépenses publiques.

Les contrats d’assurance emprunteur taxés

L’année 2019 a démarré avec la naissance d’une nouvelle taxe sur les contrats d’assurance emprunteur. Tous les contrats souscrits à partir du 1er janvier 2019 se verront appliquer une taxe de 9% sur toutes les garanties. Les courtiers en assurances prévoient une hausse des cotisations de 6% pour les emprunteurs.

Un nouveau dispositif d’investissement locatif

Un nouveau dispositif d’investissement dans l’ancien, appelé la loi Denormandie, est accessible depuis le 1er janvier 2019 dans les villes moyennes au plan Action Coeur de Ville. Cela représente 222 communes dans toute la France. Une déduction de l’impôt sera appliquée, pouvant aller de 12% à 21% du montant total de l’opération, à condition que l’investisseur acquiert un bien dans l’une des communes concernées, qu’il réalise des travaux à hauteur de 25% du montant total de l’opération, et enfin, qu’il loue le logement pendant 6 à 12 ans.

Exonération sur les plus-values immobilières pour les non-résidents

Un nouveau changement prévu pour cette année concerne les non-résidents. En effet, les contribuables qui vendront leur résidence principale en raison d’une expatriation pourront bénéficier d’une exonération sur la plus-value réalisée, sous certaines conditions :

  • La plus-value doit intervenir au plus tard à la fin de l’année qui suit le départ à l’étranger
  • La résidence doit être inoccupée pendant ce délai
  • La transaction doit être réalisée après le 1er janvier 2019.

Renforcement du contrôle sur la location saisonnière

En 2019, les plateformes de location saisonnière comme Airbnb ont l’obligation de transmettre toutes les informations sur les revenus dégagés par les loueurs à l’administration fiscale. Certaines plateformes mettront aussi en place un décompte des nuitées dans le but de bloquer les propriétaires qui mettraient en location leur résidence principale plus de 3 mois dans l’année.

Quel est le réel impact sur l’immobilier ?

En 2018, le volume des transactions de logements anciens atteignait 956 000 ventes, ce qui représente une augmentation de 0,8% par rapport à 2017. Cela reflète le retour du dynamisme immobilier qu’a connu la France il y a 10 ans.

Le crédit, solution de financement préférée des acquéreurs, connaît aussi une croissance importante. En effet 203 milliards d’euros de crédits ont été accordés en 2018, soit une baisse de 70 milliards par rapport à l’année 2017. Si ce chiffre reste plutôt positif, et ce pour la quatrième année de suite, l’année 2018 a connu un fort ralentissement, notamment pour les opérations concernant le rachat et la renégociation de crédit immobilier (passant de 60% à moins de 15% en un an).

Concernant les taux d’emprunt, ils augmentent légèrement entre fin 2018 et 2019, passant de 1,23% pour un prêt sur 15 ans en décembre 2018, à 1,25% sur 15 ans en janvier 2019.

Une sur-taxation de l’immobilier prévue pour 2019 ?

Fin janvier, Emmanuel Macron émettait l’idée d’une taxation des plus-values immobilières sur les résidences principales, qui sont actuellement exonérées. Cette suggestion a soulevé beaucoup d’animosité, notamment de la part des professionnels de l’immobilier, qui condamnent la situation des propriétaires, déjà largement surfiscalisés. En effet, beaucoup dénoncent les taxes déjà nombreuses et élevées appliquées en France sur les transactions immobilières. Les propriétaires sont aujourd’hui taxés sur la détention d’un bien immobilier avec la taxe foncière, sur sa mutation avec les droits de mutation et de succession, sur son usage avec la taxe d’habitation, et sur sa location, avec l’impôt sur le revenu.

Cette proposition du président de la République n’a encore rien de concret et n’en est qu’au stade de discussion, mais beaucoup de propriétaires s’inquiètent déjà des conséquences de cette taxe s’il elle venait à être appliquée.