Immobilier en France : bilan du 2ème trimestre 2022

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Alors que l’année 2021 était marquée par des taux historiquement bas et par une forte hausse du nombre de transactions, le secteur de l’immobilier en France fait face, en 2022, à de nouveaux défis. Baisse du nombre de ventes, hausse des taux d’emprunt, inflation… Nous faisons le bilan des grandes tendances du marché immobilier au 2ᵉ trimestre 2022.

L’inflation et la guerre en Ukraine : quelles conséquences sur l’immobilier ?

En 2022, le contexte économique et sociopolitique en Europe a eu des répercussions directes sur le marché de l’immobilier français. 

L’inflation et la hausse des taux d’emprunt 

En juin 2022, le taux d’inflation en France se situait autour de 6 %. Selon les prévisions de l’Insee, il devrait atteindre les 7 % en septembre. 

Ainsi, le taux d’inflation moyen en 2022 serait de 5,5 % : un chiffre qui n’a pas été atteint depuis 1985.

Cette hausse spectaculaire des prix à la consommation est une répercussion directe de la guerre en Ukraine, mais également de la crise sanitaire. Les défis de logistique et d’approvisionnement rencontrés pendant les différents confinements ont fortement impacté les prix. 

Comme tous les secteurs, l’immobilier n’est pas épargné par l’inflation. La hausse des prix à la consommation a ainsi eu un impact sur les taux d’emprunt immobiliers, qui sont en hausse progressive au 2ᵉ trimestre 2022. Alors que les taux moyens étaient de 1 % pour un prêt sir 20 ans en janvier 2022, ils se situent aujourd’hui à 1,65 % (Source : Empruntis).

Avec cette hausse des taux d’emprunt en 2022, acheter un bien immobilier en France coûte donc plus cher aujourd’hui qu’il y a quelques mois. L’investissement dans la pierre reste tout de même encore très abordable. En effet, bien qu’en hausse, les taux immobiliers sont encore très bas à l’heure actuelle. Pour rappel, en 2016, les taux moyens pour un prêt sur 20 ans se situaient autour de 2,5 %, ce qui est largement supérieur.

Attention : les taux vont très probablement continuer à grimper courant 2022. Il est ainsi conseillé de ne pas trop attendre avant de démarrer son projet immobilier.

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Investir en France en tant qu’expat au 2ᵉ trimestre 2022 : ce qu’il faut savoir 

Vous êtes expatrié et vous souhaitez investir dans l’immobilier locatif en France en 2022 ? Même si les taux d’emprunt ont un peu augmenté en France, ils restent encore très compétitifs par rapport aux taux appliqués par de nombreux autres pays. Dans l’Hexagone, vous avez surtout l’avantage de bénéficier des taux fixes pendant toute la période du crédit (dans beaucoup de pays, les taux d’emprunt sont variables). En tant que non-résident, vous pouvez de plus profiter de plusieurs avantages fiscaux (tels que le LMNP – Loueur en Meublé Non Professionnel). Vous bénéficierez aussi d’une forte demande locative dans de nombreuses grandes villes attractives et dynamiques.

Il faut simplement savoir qu’un apport assez conséquent (de l’ordre des 30 % en moyenne) vous sera demandé par les banques françaises lors de votre demande de financement.

Veillez à ne pas trop tarder avant d’investir. Les taux d’emprunt risquent de continuer à augmenter au cours de l’année. Il est également recommandé d’investir dans l’immobilier ancien, qui s’avère bien plus rentable et sécurisé que l’immobilier neuf à l’heure actuelle.

 

Les conséquences de la guerre en Ukraine sur le marché immobilier 

La guerre en Ukraine, qui a commencé le 24 février 2022, a également eu un impact non négligeable sur le marché de l’immobilier neuf. En effet, la hausse des prix des matières premières (telles que l’acier, le bois et les matériaux PVC), ont par exemple augmenté de 15 à 30 % en l’espace d’un an. Le marché du neuf subit ainsi une forte hausse des prix. En outre, les délais de construction sont considérablement plus longs. 

La hausse des loyers

L’inflation pourrait aussi générer, courant 2022, une hausse des prix des loyers. En effet, le gouvernement prévoit de plafonner la hausse des loyers à 3,5 % pendant un an, afin de limiter l’impact de l’inflation sur les locataires.

Une baisse du nombre de transactions immobilières

Le bilan du marché immobilier au 2ᵉ trimestre 2022 est aussi marqué par une baisse du nombre de transactions en France. Cela est particulièrement vrai dans l’immobilier neuf, pour les raisons évoquées plus haut. 

Dans l’immobilier ancien, les ventes des biens devraient aussi baisser dans les prochains mois. Il faudrait s’attendre à une baisse de 5 % du nombre de ventes dans l’ancien en 2022, selon le groupe BPCE, à cause de la hausse des taux d’intérêt, mais aussi suite à la mise en place du nouveau DPE (diagnostic de performance énergétique). 

Les conditions bancaires sont par ailleurs de plus en plus strictes pour les investisseurs, en particulier pour les expatriés. En effet, un apport minimum de 30 % du montant total du bien est aujourd’hui exigé par les banques. C’est un prérequis souvent demandé pour les demandes de crédit émises par des non-résidents. De plus en plus d’établissements bancaires demandent même un apport de 20 % du prix du bien aux résidents français.

Un marché toujours dynamique, mais qui ralentit

En matière d’immobilier, l’année 2021 a été particulièrement exceptionnelle. On comptait, au total, 1,2 million de transactions réalisées dans l’immobilier ancien, soit une hausse des ventes de 15 % par rapport à 2020. En effet, les taux d’emprunt historiquement bas ont incité de nombreux Français à investir et notamment à acquérir des logements plus spacieux à la suite de la crise sanitaire et des confinements. 

Même si le bilan est moins positif en 2022, la pierre reste plus que jamais une valeur refuge très rassurante en période d’instabilité économique. C’est également un investissement rentable et très sécurisé par rapport à la forte volatilité de nombreux placements financiers (investissements boursiers, cryptomonnaies…). 

La demande de logements reste également réellement supérieure à l’offre en 2022. Quant aux prix des biens, ils sont, en juillet 2022, toujours très stables dans la plupart des villes françaises

 

La chute de l’euro par rapport au dollar : une bonne nouvelle pour certains investisseurs au 3e trimestre de l’année

Confrontée à une nouvelle flambée des prix du gaz et de l’électricité en Europe, l’euro, qui n’avait pas connu de quasi-parité avec le dollar depuis 2002, est tombé à son plus bas niveau. La monnaie unique, depuis le mardi 5 juillet, ne vaut plus que 1,03 dollar. Face aux risques de récession qui se précisent en Europe, l’activité économique a fortement ralenti en juin dans la zone euro, ce qui a accéléré la dépréciation de la monnaie.
Concrètement, 50 000 $ aujourd’hui (somme qui peut constituer un apport) valent 49 890 €, quand une somme identique valait 40 805 € il y a 1 an environ (mai 2021). Plus que jamais, c’est le moment de convertir des dollars en euros si besoin.

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Qui sont les gagnants de cette dépréciation de l’euro ?

Tout d’abord, la dépréciation de l’euro face au dollar va stimuler l’activité en Europe. En effet, les produits vendus dans la monnaie seront plus compétitifs et les exportations stimulées. Cette compétitivité des produits vaut aussi pour les biens immobiliers. En effet, si vous habitez aux États-Unis, au Canada ou encore dans n’importe quel pays dont la monnaie est indexée au dollar (Singapour, Hong Kong, Australie, Émirats-Arabe-Unis), vous êtes gagnant ! Globalement, votre pouvoir d’achat en France sera valorisé, et donc acheter un bien immobilier maintenant vous permettra de pallier la hausse des taux d’intérêt.