L'encadrement des loyers s'applique en 2026 dans une soixantaine de villes françaises, dont Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et Montpellier. Ce dispositif fixe un plafond légal au loyer que le bailleur peut demander lors d'une mise en location ou d'un renouvellement de bail, calculé à partir d'un loyer de référence médian, majoré et minoré fixé chaque année par arrêté préfectoral.
Pour un investisseur expatrié qui achète à distance, cette règle change la façon d'évaluer un marché locatif : elle ne condamne pas un projet, mais elle impose de vérifier le plafond applicable avant de s'engager. Ce guide détaille le fonctionnement du dispositif, les villes concernées, la méthode de calcul, les sanctions encourues et les conséquences concrètes sur la rentabilité d'un investissement locatif.
Qu'est-ce que l'encadrement des loyers ?
L'encadrement des loyers est un dispositif légal qui plafonne le montant du loyer applicable dans certaines communes classées en zone tendue. Le bailleur ne peut pas fixer un loyer supérieur au loyer de référence majoré, sous peine de sanction et de remboursement du trop-perçu au locataire. Ce plafond concerne aussi bien les logements loués vides que les logements meublés, dès lors qu'ils servent de résidence principale.
Essentiel pour la gestion locatif des expatriés, dispositif repose sur un arrêté préfectoral publié chaque année dans chaque ville concernée. Cet arrêté fixe trois valeurs par mètre carré selon le quartier, le nombre de pièces et l'époque de construction du logement : le loyer de référence, le loyer de référence majoré et le loyer de référence minoré. La règle s'applique à la signature du bail, ainsi qu'au renouvellement, ce qui distingue l'encadrement du niveau des loyers de l'encadrement à la relocation, plus large mais moins strict.
Pourquoi ce dispositif a-t-il été mis en place ?
L'encadrement des loyers répond à une tension locative durable dans les grandes agglomérations, où la demande de logements dépasse largement l'offre disponible. La loi Alur de 2014 avait déjà tenté d'instaurer un plafonnement à Paris et à Lille, avant que les tribunaux administratifs n'annulent le mécanisme pour vice de procédure en 2017.
La loi Élan du 23 novembre 2018 a relancé le dispositif sur la base du volontariat, pour une expérimentation de huit ans, en laissant chaque commune ou intercommunalité candidater auprès du préfet. Paris a rouvert le bal dès juillet 2019, suivie par Lille, puis par une dizaine d'autres territoires au fil des années suivantes.
Quelle différence entre encadrement des loyers et gel des loyers ?
Ces deux notions sont souvent confondues alors qu'elles répondent à des logiques distinctes. Le gel des loyers interdit toute revalorisation, y compris via l'indice de référence des loyers publié par l'Insee, et reste une mesure exceptionnelle.
L'encadrement des loyers, lui, ne bloque pas les révisions annuelles fondées sur l'IRL : il fixe un plafond au montant initial du loyer, laissant ensuite le bailleur appliquer la révision habituelle prévue au contrat.
Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique perd toutefois le droit à cette révision, ce qui pousse de nombreux propriétaires à engager des travaux de rénovation avant la remise en location.
Quels logements sont concernés par l'encadrement des loyers ?
Le périmètre du dispositif reste plus restreint qu'on ne l'imagine, à la fois par ville et par type de logement.
Les villes où le dispositif s'applique en 2026
Au premier semestre 2026, neuf territoires regroupant près de soixante-dix communes appliquent l'encadrement du niveau des loyers, chacun sous l'autorité du préfet de département compétent. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux territoires concernés.
|
Ville / territoire |
Date d'entrée en vigueur |
Autorité compétente |
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Paris |
1er juillet 2019 |
Préfecture de Paris |
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Lille, Hellemmes, Lomme |
1er mars 2020 |
Préfecture du Nord |
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Plaine Commune (Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Épinay-sur-Seine, Pierrefitte-sur-Seine, Villetaneuse, Stains, L'Île-Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine) |
1er juin 2021 |
Préfecture de Seine-Saint-Denis |
|
Lyon, Villeurbanne |
1er novembre 2021 |
Préfecture du Rhône |
|
Est Ensemble (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville) |
Décembre 2021 |
Préfecture de Seine-Saint-Denis |
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Montpellier |
Juillet 2022 |
Préfecture de l'Hérault |
|
Bordeaux |
Juillet 2022 |
Préfecture de la Gironde |
|
Pays Basque (Bayonne, Biarritz, Anglet, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye…) |
Novembre 2024 |
Préfecture des Pyrénées-Atlantiques |
|
Grenoble-Alpes Métropole |
Janvier 2025 |
Préfecture de l'Isère |
Source : service-public.fr, fiche F1314 ; arrêtés préfectoraux par territoire.
D'autres agglomérations ont candidaté pour rejoindre le dispositif en 2026 ou 2027, notamment Marseille, l'agglomération d'Annemasse et plusieurs communes du Grand-Orly Seine Bièvre. Une expérimentation spécifique a également été ouverte dans trente-huit communes ultramarines par la loi du 13 juin 2025.
Le dispositif, initialement prévu pour s'achever le 24 novembre 2026, a fait l'objet d'un vote de l'Assemblée nationale le 11 décembre 2025 visant à le pérenniser au-delà de son caractère expérimental. Un rapport d'évaluation définitif reste toutefois attendu au Parlement avant la fin de l'année, ce qui invite à suivre les évolutions réglementaires plutôt qu'à considérer le calendrier comme figé.
Les logements exclus
Certains logements échappent au plafonnement, quelle que soit la commune concernée.
- les logements sociaux conventionnés,
- les logements soumis à la loi de 1948,
- les locations saisonnières type meublé de tourisme,
- les résidences avec services
Ces derniers ne relèvent pas de l'encadrement du niveau des loyers. Les baux mobilité, en revanche, entrent bien dans le champ du dispositif dès lors que le logement se situe dans une commune couverte par un arrêté préfectoral.
Cette cartographie des zones et des exclusions posée, il devient possible d'aborder la question centrale pour tout bailleur : comment calculer un loyer conforme.

Comment calculer un loyer conforme à l'encadrement ?
Le calcul repose sur une formule simple une fois les bonnes données réunies : la surface habitable du logement multipliée par le loyer de référence majoré au mètre carré, fixé pour la catégorie correspondante.
Comprendre le loyer de référence
Le loyer de référence correspond au loyer médian constaté pour un type de logement donné, dans un secteur géographique précis, selon le nombre de pièces, l'époque de construction et le caractère meublé ou non de la location. Cette donnée, recalculée chaque année, sert de base à deux plafonds encadrants.
Le loyer de référence majoré
Le loyer de référence majoré représente généralement le loyer médian augmenté de 20 %. C'est ce montant que le bailleur ne peut pas dépasser, sauf à justifier un complément de loyer pour des caractéristiques exceptionnelles du logement.
Le loyer minoré
Le loyer de référence minoré correspond à l'inverse à un abattement d'environ 30 % sur le loyer médian. Si le loyer pratiqué se situe en dessous de ce seuil, le locataire dispose d'un droit de révision à la hausse lors du renouvellement du bail, une situation nettement moins fréquente dans la pratique.
Exemple concret de calcul
Prenons un appartement T2 de 45 m², situé à Lyon, construit en 1980 et proposé en location vide. Le simulateur officiel de la ville indique, pour cette catégorie de logement, un loyer de référence majoré de 15,80 €/m².
Le calcul est le suivant : 45 x 15,80 = 711 € de loyer maximum autorisé, hors charges. Un bailleur qui afficherait 780 € pour ce même bien serait en infraction, sauf à justifier un complément de loyer dûment motivé dans le contrat de bail.
Cet exemple illustre pourquoi chaque projet d'investissement dans une ville concernée mérite une vérification adresse par adresse plutôt qu'une estimation approximative fondée sur les annonces voisines.
Qu'est-ce que le complément de loyer et quand est-il autorisé ?
Le complément de loyer permet à un bailleur de dépasser le loyer de référence majoré, à condition de justifier des caractéristiques réellement exceptionnelles du logement, non prises en compte dans le calcul du loyer de référence.
Les critères permettant un complément
Une vue dégagée remarquable, une terrasse de grande taille, des prestations rares comme une piscine privative ou un équipement domotique haut de gamme peuvent justifier un complément. Ce supplément doit être chiffré et détaillé dans le bail, avec une description précise de l'élément qui le motive.
Les situations où il est refusé
Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique ne peut en principe pas donner lieu à un complément de loyer, quelles que soient ses autres caractéristiques. De même, un simple étage élevé, une exposition standard ou une rénovation récente ne suffisent généralement pas à justifier ce supplément devant la commission de conciliation ou le juge.
Exemple concret d'un complément contesté
Un locataire parisien constate que son bail mentionne un complément de 150 € justifié par « une vue dégagée ». Faute de photographie annexée au contrat et de comparaison avec un bien type du même secteur, la commission départementale de conciliation (CDC) saisie par le locataire estime la justification insuffisante et recommande la suppression du complément. Ce type de dossier illustre l'intérêt d'une rédaction précise du bail, appuyée sur des éléments vérifiables plutôt que sur une formulation générique.
Une fois le loyer fixé, encore faut-il connaître les obligations qui encadrent la relation entre bailleur et locataire.
Quels sont les droits et obligations des propriétaires et des locataires ?
Le contrat de bail doit refléter fidèlement les règles applicables dans la commune concernée, sous peine de fragiliser la position du propriétaire en cas de litige.
Les obligations du bailleur
Le bail doit mentionner explicitement le loyer de référence et le loyer de référence majoré correspondant au logement. Si un complément de loyer est appliqué, son montant et sa justification doivent également figurer dans le contrat. Le bailleur doit par ailleurs afficher ces informations avant même la signature, dans l'annonce de mise en location, et conserver les justificatifs en cas de contrôle.
Les droits du locataire
Un locataire qui constate un dépassement du plafond légal peut demander la mise en conformité du bail par lettre recommandée. En l'absence de réponse du bailleur dans un délai de deux mois, il peut saisir gratuitement la commission départementale de conciliation, étape obligatoire avant toute action devant le juge des contentieux de la protection. Cette procédure peut aboutir à une baisse du loyer et au remboursement des sommes perçues en trop, avec effet rétroactif sur plusieurs années.
Ces obligations non respectées exposent le bailleur à des conséquences bien réelles, qu'il convient de mesurer précisément.
Que risque un propriétaire en cas de non-respect ?
Le non-respect de l'encadrement des loyers entraîne des sanctions cumulables, financières et contractuelles.
Les sanctions financières
Selon service-public.fr, l'amende administrative peut atteindre 5 000 € pour un bailleur personne physique et 15 000 € pour une personne morale comme une SCI. Cette sanction s'ajoute à l'obligation de rembourser les sommes perçues en excès, majorées d'intérêts, et peut être prononcée pour chaque logement concerné en cas de patrimoine locatif multiple.
Les recours du locataire
Avant toute sanction, le préfet adresse en général une mise en demeure au bailleur pour qu'il régularise la situation. Le locataire, de son côté, conserve la possibilité d'engager une action en diminution de loyer devant le juge, indépendamment de la procédure administrative. Sur un dépassement de 150 € par mois maintenu pendant deux ans, le remboursement réclamé peut ainsi dépasser 3 600 €, un montant qui efface rapidement le gain apparent d'un loyer surévalué.
Les contrôles réalisés par les collectivités
Plusieurs villes, à commencer par Paris, ont mis en place des plateformes de signalement en ligne permettant aux locataires de vérifier la conformité de leur loyer et de signaler un dépassement en quelques clics. Ce dispositif de contrôle citoyen, couplé à l'instruction administrative de la préfecture, renforce la probabilité qu'un loyer non conforme finisse par être détecté.
Au-delà du risque de sanction, la question qui intéresse réellement un investisseur reste celle de la rentabilité.
Encadrement des loyers : quel impact sur un investissement locatif ?
Le dispositif ne rend pas un investissement mauvais par principe. Il oblige simplement à être plus sélectif dans le choix du bien et du quartier.
L'impact sur la rentabilité locative
Dans les villes soumises au plafonnement, l'écart entre le loyer de marché libre et le loyer de référence majoré atteint fréquemment 12 % à 20 %. À Bordeaux, un T2 de 42 m² qui se louerait 850 € sur le marché libre plafonne à environ 730 € une fois l'encadrement appliqué, soit un manque à gagner mensuel de 120 €. Cet écart se retrouve, à des degrés variables, à Paris, à Lille, à Lyon comme à Montpellier, où le plafond dépend fortement du quartier et de l'époque de construction du bien.
Les villes encadrées restent-elles attractives ?
La rentabilité locative brute ne résume pas à elle seule l'intérêt d'un investissement. Les villes soumises à l'encadrement restent en général des marchés porteurs en matière de valorisation patrimoniale, de faible vacance locative et de liquidité à la revente, précisément parce qu'elles concentrent une forte tension entre offre et demande.
Un investisseur qui privilégie la plus-value à long terme et la stabilité du taux d'occupation peut donc continuer à cibler ces zones, à condition d'intégrer le plafond dans son étude de rentabilité dès l'achat plutôt que de le découvrir après la mise en location.

Les erreurs commises par les investisseurs
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement chez les investisseurs qui découvrent l'encadrement des loyers après leur achat. Acheter uniquement sur la base d'un rendement affiché sans vérifier le loyer de référence applicable expose à une déconvenue immédiate une fois le bien mis en location.
Compter sur un complément de loyer non justifiable pour combler l'écart de rentabilité conduit fréquemment à une contestation devant la commission de conciliation. Surestimer les revenus locatifs futurs sur la base d'annonces comparables, sans tenir compte du plafond réel du quartier, fausse également le calcul de cash-flow dès la première année.
Ces erreurs se cumulent souvent avec une difficulté supplémentaire propre aux investisseurs qui achètent depuis l'étranger.
Investir depuis l'étranger : ce que les expatriés doivent vérifier
Un investisseur expatrié qui pilote son projet à distance ne peut pas se fier uniquement aux chiffres transmis par un agent local ou par une annonce en ligne.
Vérifier le loyer avant de signer le compromis
Avant tout engagement, il reste indispensable de consulter le simulateur officiel de la ville concernée, en renseignant l'adresse exacte, le nombre de pièces, l'époque de construction et le caractère meublé ou non du bien. Cette vérification en amont évite de fonder une décision d'achat sur un rendement théorique qui ne résistera pas au plafond réel applicable. Une gestion locative à distance bien organisée intègre cette vérification dès la phase d'étude du bien, avant la signature du compromis.
Anticiper la fiscalité des revenus locatifs
Un non-résident fiscal reste soumis à des règles spécifiques sur ses revenus locatifs français, quelle que soit la ville d'implantation du bien. La retenue à la source prévue à l'article 197 A du Code général des impôts s'applique selon un barème propre aux non-résidents, tandis que les prélèvements sociaux varient de 7,5 % pour un résident de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse, à des taux plus élevés pour certains profils hors Union européenne. Les conventions fiscales bilatérales signées entre la France et le pays de résidence permettent, dans de nombreux cas, d'éviter une double imposition sur ces revenus.
Pourquoi un accompagnement limite les erreurs ?
Un accompagnement investissement permet de croiser systématiquement le loyer de marché annoncé avec le plafond réglementaire applicable, avant toute prise de décision. Cette double vérification limite le risque d'un rendement surestimé au moment de l'achat et sécurise la conformité du bail dès la première mise en location.
Certaines erreurs reviennent si fréquemment qu'il vaut la peine de les lister une dernière fois, en synthèse.
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Les erreurs les plus fréquentes concernant l'encadrement des loyers
Un investisseur averti évite plus facilement les pièges classiques une fois qu'il les connaît. Voici les erreurs les plus courantes constatées sur ce dispositif :
- croire que toutes les villes françaises sont concernées, alors que le dispositif ne s'applique que dans les communes ayant candidaté et obtenu un arrêté préfectoral ;
- oublier de vérifier la possibilité d'un complément de loyer, ou au contraire l'appliquer sans justification suffisante ;
- confondre l'encadrement du niveau des loyers avec l'encadrement à la relocation, deux mécanismes aux règles distinctes ;
- appliquer un ancien loyer de référence, alors que l'arrêté préfectoral est actualisé chaque année ;
- ne pas vérifier les mises à jour locales avant chaque nouvelle location ou renouvellement de bail ;
- oublier les exceptions applicables à certains logements, notamment les biens conventionnés ou les locations saisonnières.
Ces points de vigilance permettent d'aborder plus sereinement les questions les plus fréquemment posées sur le sujet.
Encadrement des loyers : sécurisez votre investissement avant d’acheter
L’encadrement des loyers ne doit pas être considéré comme un simple plafond à appliquer, mais comme un paramètre stratégique à intégrer dès la phase d’analyse d’un investissement locatif. Avant tout achat dans une zone concernée, il est essentiel de vérifier le loyer de référence applicable, de calculer le montant réellement autorisé et d’évaluer l’impact sur la rentabilité nette du projet. Cette anticipation permet d’éviter les mauvaises surprises : rendement surestimé, trésorerie insuffisante ou contraintes réglementaires après acquisition.
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