Le taux d'imposition des revenus fonciers non meublés dépend du régime fiscal choisi, du montant des loyers perçus et des charges déductibles applicables. En 2026, un propriétaire bailleur peut être imposé via le micro-foncier ou le régime réel, avec des écarts fiscaux pouvant représenter plusieurs milliers d'euros par an selon le profil du bien et des charges supportées. Cette différence s'explique par les mécanismes d'abattement forfaitaire d'un côté, et de déduction réelle des charges de l'autre, deux logiques fiscales totalement opposées.
Selon la direction générale des Finances publiques, plus de 3,5 millions de foyers fiscaux déclarent des revenus fonciers chaque année en France, et une part croissante d'entre eux vit désormais à l'étranger. Ce guide détaille les règles d'imposition applicables à la location nue en 2026, les régimes fiscaux disponibles, les charges déductibles, le mécanisme du déficit foncier et les spécificités propres aux non-résidents fiscaux français.
Comment sont imposés les revenus fonciers non meublés ?
Avant d'entrer dans le détail des régimes fiscaux, il est utile de comprendre la nature exacte d'un revenu foncier et la manière dont il s'articule avec l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.
Qu'appelle-t-on un revenu foncier ?
Un revenu foncier correspond, selon l'article 14 du Code général des impôts, aux loyers perçus dans le cadre d'une location nue, c'est-à-dire un logement loué sans mobilier. Cette catégorie se distingue nettement de la location meublée, qui relève quant à elle des bénéfices industriels et commerciaux et obéit à des règles fiscales totalement différentes, notamment via le statut LMNP 2026. La location nue concerne typiquement les appartements et maisons loués vides, qu'ils soient destinés à une résidence principale du locataire ou à un usage professionnel.
Les deux composantes de l'imposition
L'imposition d'un revenu foncier non meublé repose sur deux prélèvements cumulatifs qui s'appliquent simultanément sur le revenu net dégagé.
- L'impôt sur le revenu, calculé selon la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer fiscal, qui varie de 0 à 45 % en 2026.
- Les prélèvements sociaux, fixés à 17,2 % du revenu net foncier, qui s'appliquent même lorsque le foyer est non imposable.
Ces deux prélèvements se cumulent, ce qui explique pourquoi un propriétaire situé en TMI 30 % supporte en réalité un taux global proche de 47,2 % sur son revenu foncier net.
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Éléments |
Revenus fonciers |
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Loyers perçus |
Imposables |
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Charges déductibles |
Selon régime |
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Impôt sur le revenu |
Selon TMI |
|
Prélèvements sociaux |
17,2 % |
Source : impots.gouv.fr
Ce tableau synthétise les grandes composantes de la fiscalité applicable, avant d'entrer dans le détail du choix entre les deux régimes disponibles.
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Micro-foncier ou régime réel : quel régime choisir ?
Le choix entre micro-foncier et régime réel constitue la décision fiscale la plus structurante pour un propriétaire de location nue, car elle détermine directement le montant de l'impôt payé chaque année.
Comment fonctionne le micro-foncier ?
Le régime du micro-foncier s'applique automatiquement lorsque les revenus fonciers bruts annuels du foyer fiscal ne dépassent pas 15 000 euros, tous biens confondus. Ce régime applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers perçus, censé représenter l'ensemble des charges supportées par le propriétaire, sans qu'il soit nécessaire de produire de justificatifs. Le revenu imposable correspond donc à 70 % des loyers bruts encaissés sur l'année.
Comment fonctionne le régime réel ?
Le régime réel permet de déduire l'intégralité des charges effectivement supportées, à condition de les justifier par des factures ou relevés. Il est obligatoire au-delà de 15 000 euros de loyers bruts et reste accessible par option pour les revenus inférieurs, sur une durée minimale de trois ans. Sa mise en œuvre nécessite une comptabilité simplifiée des recettes et dépenses, déclarée via le formulaire 2044.
Quel régime est le plus avantageux ?
La réponse dépend essentiellement du niveau de charges réelles supportées par le propriétaire au cours de l'année fiscale.
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Critère |
Micro-foncier |
Régime réel |
|
Loyers max |
15 000 € |
Illimité |
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Abattement |
30 % |
Charges réelles |
|
Complexité |
Faible |
Moyenne |
|
Optimisation fiscale |
Limitée |
Forte |
Dès que les charges réelles dépassent 30 % des loyers bruts, le régime réel devient mécaniquement plus avantageux.
Cas pratique : un appartement loué 900 euros par mois à Nantes, soit 10 800 euros de loyers annuels, avec 4 000 euros de charges réelles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, copropriété), génère un revenu imposable de 7 560 euros au micro-foncier contre seulement 6 800 euros au régime réel. L'écart, ici limité, peut devenir considérable lorsque des travaux importants sont engagés.

Quelles charges peut-on déduire de ses revenus fonciers ?
Le régime réel n'a d'intérêt que si l'on identifie correctement l'ensemble des charges admises en déduction par l'administration fiscale.
Les charges admises par l'administration fiscale
Plusieurs catégories de dépenses peuvent être intégralement déduites des loyers perçus dans le cadre du régime réel.
- Les intérêts d'emprunt liés à l'acquisition, à la construction ou à l'amélioration du bien loué.
- La taxe foncière, à l'exclusion de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères lorsqu'elle est récupérable sur le locataire.
- L'assurance propriétaire non occupant, qui couvre les risques liés à la mise en location.
- Les frais de gestion locative et les honoraires versés à une agence immobilière.
- Les charges de copropriété non récupérables auprès du locataire.
- Les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration, à l'exclusion des travaux de construction ou d'agrandissement.
Chacune de ces dépenses doit être justifiée par une facture datée de l'année d'imposition concernée pour être valablement déduite.
Les dépenses non déductibles
Les erreurs les plus fréquentes : de nombreux propriétaires tentent à tort de déduire les travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement, qui sont expressément exclus du dispositif car ils relèvent d'une plus-value patrimoniale et non d'un entretien courant. De même, les amendes, le capital de l'emprunt remboursé ou les dépenses personnelles sans lien avec la location ne peuvent jamais être déduites des revenus fonciers.
Comment calculer l'impôt sur des revenus fonciers ?
Le calcul de l'impôt suit une méthode séquentielle simple, qu'il convient d'appliquer dans l'ordre pour obtenir un résultat fiable.
Méthode de calcul étape par étape
Cette méthode s'applique de la même manière, qu'il s'agisse du micro-foncier ou du régime réel, seule la nature de la déduction changeant d'une étape à l'autre.
- Additionner l'ensemble des loyers bruts perçus sur l'année civile, charges comprises.
- Déduire les charges réelles justifiées, ou appliquer l'abattement forfaitaire de 30 % au micro-foncier.
- Déterminer le revenu net foncier imposable résultant de cette soustraction.
- Appliquer le taux marginal d'imposition du foyer fiscal sur ce revenu net.
- Ajouter les prélèvements sociaux de 17,2 % calculés sur la même base imposable.
Le résultat obtenu correspond au montant total d'impôt et de cotisations sociales dû sur les revenus fonciers de l'année.
Exemple complet en 2026
Cas réel : un propriétaire perçoit 12 000 euros de loyers annuels et justifie 4 500 euros de charges réelles, pour une tranche marginale d'imposition de 30 %. Le revenu net foncier s'élève à 7 500 euros (12 000 moins 4 500).
L'impôt sur le revenu représente 2 250 euros (7 500 x 30 %), auxquels s'ajoutent 1 290 euros de prélèvements sociaux (7 500 x 17,2 %). Le montant total dû atteint donc 3 540 euros, soit un taux global d'imposition de 47,2 % sur le revenu net foncier.
Déficit foncier : le levier fiscal le plus puissant en location nue
Le déficit foncier constitue l'un des outils d'optimisation les plus efficaces pour réduire la pression fiscale globale d'un foyer disposant de revenus locatifs.
Qu'est-ce qu'un déficit foncier ?
Un déficit foncier survient lorsque les charges déductibles d'un bien loué dépassent les loyers perçus sur la même période, créant un résultat négatif imputable sur le revenu global du foyer.
Comment se crée-t-il ?
Le déficit naît le plus souvent d'opérations de travaux d'entretien ou d'amélioration importantes, réalisées sur une courte période et dont le montant excède largement les loyers de l'année concernée.
Quel plafond en 2026 ?
Le législateur a fixé des plafonds d'imputation distincts selon la nature des travaux engagés par le propriétaire.
- Un plafond de 10 700 euros par an pour le déficit foncier de droit commun, imputable sur le revenu global.
- Un plafond porté à 21 400 euros par an lorsque les travaux concernent une rénovation énergétique du logement.
Au-delà de ces seuils, l'excédent de déficit reste reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Cas concret : un expatrié résidant à Singapour réalise 30 000 euros de travaux de rénovation énergétique sur son bien locatif français. Il peut imputer 21 400 euros sur son revenu global au titre de l'année, le solde de 8 600 euros restant reportable sur les revenus fonciers des années suivantes.
Quand le déficit foncier ne fonctionne pas : ce mécanisme perd tout intérêt pour un propriétaire déjà faiblement imposé, puisque l'avantage fiscal dépend directement de la tranche marginale d'imposition. Il devient également inopérant en cas de revente rapide du bien, car l'administration fiscale impose un engagement de location d'au moins trois ans après l'imputation du déficit, sous peine de remise en cause de l'avantage obtenu.
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Comment déclarer ses revenus fonciers ?
Dans le cadre des impôts non-résidents, la déclaration des revenus fonciers obéit à des règles administratives précises qui diffèrent selon le régime fiscal retenu par le propriétaire.
Déclaration au micro-foncier
Au micro-foncier, le propriétaire se contente de reporter le montant brut des loyers perçus dans la case dédiée de la déclaration de revenus, l'abattement de 30 % étant calculé automatiquement par l'administration.
Déclaration au régime réel
Au régime réel, le propriétaire doit remplir une déclaration annexe détaillant l'ensemble des recettes et des charges, dont le résultat est ensuite reporté sur la déclaration principale.
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Régime |
Formulaire |
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Micro-foncier |
2042 |
|
Régime réel |
2044 + 2042 |
Ce double formulaire au régime réel permet à l'administration de vérifier le détail des charges déduites avant intégration au revenu global du foyer.
Dates de déclaration 2026
Les dates limites de déclaration varient chaque année selon le mode de dépôt choisi et le département de résidence du déclarant, et sont publiées par l'administration fiscale sur impots.gouv.fr au printemps. Il est recommandé de vérifier le calendrier officiel dès l'ouverture de la campagne déclarative, début avril 2026.
Imposition des revenus fonciers pour les expatriés
Les non-résidents fiscaux français qui conservent un bien locatif en France restent soumis à une fiscalité spécifique sur leurs revenus fonciers, sensiblement différente de celle des résidents.
Un non-résident paie-t-il des impôts sur ses loyers français ?
Oui, conformément à l'article 4 B du Code général des impôts, tout revenu de source française reste imposable en France même lorsque le propriétaire réside fiscalement à l'étranger. Les loyers perçus sur un bien situé en France entrent donc systématiquement dans le champ de l'impôt français, quel que soit le pays de résidence du bailleur.
Quel taux s'applique aux expatriés ?
Les non-résidents sont soumis à un taux minimum de 20 % sur leurs revenus fonciers de source française, sauf à démontrer que le taux moyen d'imposition qui résulterait de l'application du barème progressif français à l'ensemble de leurs revenus mondiaux leur serait plus favorable. Ce mécanisme de taux moyen, prévu par l'article 197 A du Code général des impôts, profite surtout aux non-résidents disposant de revenus globaux modestes.
Attention aux conventions fiscales
Le traitement fiscal des revenus fonciers d'un non-résident dépend également de la convention fiscale bilatérale conclue entre la France et le pays de résidence.
- Avec le Royaume-Uni, la convention fiscale prévoit que les revenus immobiliers restent imposables dans le pays où se situe le bien, donc en France.
- Avec les Émirats arabes unis, l'absence de convention fiscale bilatérale spécifique aux revenus immobiliers implique une vigilance particulière sur le risque de double imposition.
- Avec la Suisse, la convention franco-suisse confirme l'imposition en France des revenus immobiliers, tout en organisant un mécanisme de crédit d'impôt côté suisse.
Chaque convention fiscale possède ses propres règles et il est indispensable de vérifier le texte applicable au pays de résidence avant toute déclaration.
Comment éviter la double imposition ?
La plupart des conventions fiscales bilatérales signées par la France prévoient un mécanisme de crédit d'impôt ou d'exonération dans le pays de résidence, destiné à neutraliser la double imposition d'un même revenu foncier. Ce mécanisme suppose néanmoins de déclarer correctement ce revenu dans les deux pays concernés et de produire les justificatifs d'imposition française auprès de l'administration fiscale locale, une démarche souvent méconnue des expatriés et pourtant déterminante pour éviter un double paiement.

Comment réduire légalement l'imposition de ses revenus fonciers ?
Plusieurs leviers légaux permettent de réduire significativement la charge fiscale pesant sur des revenus fonciers, en particulier pour les propriétaires vivant hors de France.
Maximiser les charges déductibles
Le passage systématique au régime réel dès que les charges dépassent 30 % des loyers bruts constitue le premier réflexe d'optimisation, à condition de conserver l'ensemble des factures justificatives.
Utiliser le déficit foncier
La planification de travaux d'entretien ou de rénovation énergétique sur une année donnée permet de générer un déficit imputable sur le revenu global, réduisant d'autant l'impôt dû au titre de cette année.
Arbitrer entre location nue et LMNP
Le passage en location meublée sous statut LMNP au régime réel peut s'avérer plus avantageux que la location nue grâce à l'amortissement comptable du bien, qui n'existe pas dans le cadre des revenus fonciers classiques. Ce choix dépend toutefois du type de bien et du marché locatif local.
Se faire accompagner lorsqu'on vit à l'étranger
La combinaison entre fiscalité française, convention fiscale bilatérale et obligations déclaratives dans le pays de résidence rend la gestion d'un bien locatif depuis l'étranger nettement plus complexe que pour un résident français, ce qui justifie souvent le recours à un accompagnement spécialisé dans la fiscalité des expatriés.
Ce qu'il faut retenir avant d'investir dans une location nue
L'imposition des revenus fonciers non meublés repose sur un équilibre entre simplicité et optimisation, qu'il convient d'arbitrer chaque année selon la situation du propriétaire.
- Le choix entre micro-foncier et régime réel doit être réévalué chaque fois que le niveau de charges évolue significativement.
- Les charges déductibles, lorsqu'elles sont correctement identifiées et justifiées, constituent le principal levier de réduction de l'impôt.
- Le déficit foncier reste l'outil le plus puissant pour neutraliser temporairement l'imposition lors d'une année de travaux importants.
- Les non-résidents fiscaux doivent composer avec un taux minimum de 20 %, une convention fiscale bilatérale et un risque de double imposition à anticiper.
Ces quatre éléments, pris ensemble, permettent de construire une stratégie fiscale cohérente sur la durée de détention du bien locatif.
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La fiscalité des revenus fonciers devient rapidement complexe lorsque l'on réside hors de France, entre obligations déclaratives françaises et règles fiscales du pays de résidence. Nos experts accompagnent les expatriés dans le choix du régime fiscal, l'optimisation des charges déductibles et la déclaration de leurs revenus locatifs.
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