La plus-value immobilière non-résident exonération est l'une des préoccupations majeures des expatriés qui souhaitent vendre un bien en France. Entre exonération de résidence principale, dispositif des 150 000 €, durée de détention et conventions fiscales internationales, les règles applicables peuvent fortement impacter le montant réellement perçu lors de la vente.
Un non-résident fiscal peut bénéficier d'une exonération totale ou partielle de plus-value immobilière lors de la vente d'un bien en France. Les principales exonérations concernent l'ancienne résidence principale, l'abattement lié à la durée de détention et l'exonération spécifique de 150 000 € accordée sous certaines conditions aux expatriés.
Dans ce guide complet 2026, nous passons en revue chaque dispositif d'exonération, les conditions précises à remplir, les erreurs qui font perdre cet avantage fiscal, et les critères à analyser avant de décider de vendre.
Un non-résident paie-t-il une plus-value immobilière en France ?
Oui. Le fait de résider à l'étranger n'exonère pas automatiquement un vendeur de l'impôt sur la plus-value immobilière réalisée en France. La France impose les cessions de biens situés sur son territoire quelle que soit la résidence du cédant, en application des conventions fiscales internationales qui attribuent ce droit à l'État où se situe le bien.
Comment est imposée la plus-value immobilière ?
La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition corrigé (frais de notaire, travaux, frais d'agence vendeur). Elle est ensuite réduite des abattements pour durée de détention, puis soumise à deux prélèvements distincts :
- 19 % pour les résidents UE/EEE/Suisse ; 26,5 % pour les résidents hors UE/EEE.
- 7,5 % pour les résidents UE/EEE ; 0 % pour les résidents hors UE/EEE non affiliés à la sécurité sociale française (jurisprudence Conseil d'État 2019).
Le taux global effectif atteint donc 26,5 % dans la quasi-totalité des situations, qu'il s'agisse d'un résident UE ou hors UE.
Quels biens sont concernés ?
Sont soumis à la plus-value immobilière lors d'une cession par un non-résident :
- La résidence secondaire
- L'investissement locatif (nu ou meublé)
- L'immeuble détenu en direct
- Les parts de SCI à prépondérance immobilière
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⚠️ Point de vigilance Le fait de vivre à l'étranger n'exonère pas automatiquement de l'impôt sur la plus-value immobilière réalisée lors de la vente d'un bien situé en France. |
Dans quels cas un non-résident peut-il être exonéré de plus-value immobilière ?
Plusieurs dispositifs permettent d'aboutir à une exonération totale ou partielle. Le tableau ci-dessous présente une vue d'ensemble des situations les plus courantes en 2026 :
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Situation |
Exonération possible |
Conditions principales |
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Ancienne résidence principale |
Totale |
Vente dans l'année du départ, bien non loué |
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Exonération spécifique 150 000 € |
Totale (dans la limite du plafond) |
Ex-résident fiscal français ≥ 2 ans, ressortissant UE ou pays conventionné |
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Durée de détention ≥ 22 ans |
Totale sur l'IR |
Abattement progressif à partir de la 6e année |
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Durée de détention ≥ 30 ans |
Totale IR + PS |
Exonération complète |
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Bien d'une valeur < 15 000 € |
Totale |
Aucune condition particulière |
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Première cession hors RP |
Totale |
Ne pas avoir été propriétaire de sa RP depuis 4 ans, réinvestissement sous 24 mois |
Chaque dispositif obéit à des conditions strictes. Les sections suivantes détaillent les trois principaux cas applicables aux expatriés.
Exonération de l'ancienne résidence principale : quelles conditions respecter ?
Quelques conditions méritent d’être connues avant de procéder à la vente d’un bien depuis l’étranger.
Peut-on vendre sa résidence principale après une expatriation ?
Oui, mais sous conditions. Un non-résident peut bénéficier de l'exonération totale de plus-value sur son ancienne résidence principale s'il est ressortissant d'un État de l'UE, de l'EEE ou d'un pays ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative. L'exonération s'applique sur la quote-part de plus-value correspondant à un logement, dans la limite d'une résidence par contribuable.
Le délai entre le départ de France et la vente
C'est le critère le plus important à respecter. La vente doit intervenir au plus tard le 31 décembre de l'année qui suit celle du départ à l'étranger. Concrètement :
- Départ en mars 2026 → vente possible jusqu'au 31 décembre 2027.
- Si la vente intervient en 2028 ou après, l'exonération de résidence principale est perdue.
- Le logement doit avoir constitué la résidence principale du cédant au moment du départ , une simple déclaration ne suffit pas ; l'administration peut demander des justificatifs (quittances EDF, avis d'imposition).
Les situations qui font perdre l'exonération
Trois situations entraînent la perte automatique de l'exonération :
- dès qu'un locataire occupe le bien entre le départ et la vente, l'exonération résidence principale est définitivement perdue.
- même sans contrepartie financière, l'occupation par un membre de la famille peut remettre en cause l'exonération selon les circonstances.
- si la vente intervient après le 31 décembre de l'année N+1, aucun cas de force majeure n'est prévu , le délai est impératif.
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📋 Étude de cas Julie quitte Lyon pour Montréal en février 2026 et revend son appartement en novembre 2026 sans l'avoir mis en location. Elle peut prétendre à l'exonération de résidence principale, sous réserve que le logement constitue bien sa résidence principale à la date du départ et qu'elle conserve ses justificatifs de domicile. |
L'exonération spécifique de 150 000 € pour les expatriés
Ce dispositif, prévu à l'article 150 U II 2° du CGI, est l'une des exonérations les plus méconnues des expatriés. Pour en bénéficier, le cédant doit réunir trois conditions cumulatives :
- De manière continue pendant au moins deux ans à un moment quelconque avant la cession (peu importe la date, pas nécessairement récente).
- Ou d'un pays ayant signé avec la France une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative.
- Au cours des cinq années précédant la cession (le bien ne doit pas avoir été occupé par le cédant lui-même).
Comment fonctionne le plafond de 150 000 € ?
L'exonération est totale jusqu'à 150 000 € de plus-value nette imposable (après abattements pour durée de détention). Au-delà, seule la fraction excédentaire est soumise à l'impôt.
Exemple chiffré :
Plus-value nette (après abattements) : 210 000 €
Exonération : 150 000 €
Base imposable résiduelle : 60 000 €
Impôt dû (au taux de 26,5 %) : 15 900 € , au lieu de 55 650 € sans exonération.
Les conditions de détention et de cession
L'exonération ne s'applique qu'à une seule cession par contribuable , elle est utilisée une fois pour toutes. Elle porte sur la quote-part revenant au cédant dans le bien, ce qui est particulièrement pertinent pour des biens détenus en indivision. Les biens détenus en SCI peuvent également être concernés si la société est à prépondérance immobilière.
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💡 Conseil expert Cette exonération est souvent méconnue alors qu'elle peut permettre à certains expatriés de réduire fortement l'imposition sur leur vente. Elle doit être identifiée et revendiquée dès la phase de préparation de la cession , pas au moment de la signature chez le notaire. |
Comment réduire sa plus-value imposable grâce aux abattements ?
Pour limiter l’impôt lors de la vente d’un bien immobilier, il est essentiel de comprendre les différents abattements applicables en fonction de la durée de détention, du statut du vendeur et de la nature du bien concerné.
Les abattements pour durée de détention
Indépendamment des exonérations totales, les abattements pour durée de détention réduisent mécaniquement la plus-value imposable dès la 6e année. Ils fonctionnent différemment selon qu'ils s'appliquent à l'impôt sur le revenu (IR) ou aux prélèvements sociaux (PS) :
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Durée de détention |
Abattement IR |
Abattement PS |
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Moins de 6 ans |
0 % |
0 % |
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6 à 21 ans |
6 % par année supplémentaire |
1,65 % par année supplémentaire |
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22e année révolue |
4 % → exonération totale IR |
1,6 % |
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23 à 30 ans |
Exonération totale IR |
9 % par année supplémentaire |
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Plus de 30 ans |
Exonération totale |
Exonération totale |
Résultat : après 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu. Après 30 ans, les prélèvements sociaux s'effacent également.
Quels frais peuvent être ajoutés au prix d'acquisition ?
Pour minorer la plus-value brute, plusieurs frais sont déductibles ou majorent le prix d'acquisition :
- Déductibles au réel (sur justificatifs) ou via un forfait de 7,5 % du prix d'acquisition.
- Dépenses de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration, réalisées par une entreprise (pas en auto-régie), déductibles au réel sur justificatifs.
- Applicable automatiquement si le bien est détenu depuis plus de 5 ans, même sans justificatifs, souvent plus avantageux pour les biens anciens.
- À la vente : déductibles du prix de cession.
Exemple concret de calcul
Situation : expatrié vendant un bien acheté 180 000 €, revendu 320 000 € après 18 ans de détention.
Étape 1 – Plus-value brute
Prix d'acquisition corrigé : 180 000 € + forfait notaire 7,5 % (13 500 €) = 193 500 €
Plus-value brute : 320 000 € – 193 500 € = 126 500 €
Étape 2 – Abattements (18 ans de détention)
Abattement IR : 6 % × 13 ans (années 6 à 18) = 78 % → Plus-value IR nette : 126 500 € × 22 % = 27 830 €
Abattement PS : 1,65 % × 13 ans = 21,45 % → Plus-value PS nette : 126 500 € × 78,55 % = 99 365 €
Étape 3 – Calcul de l'impôt (résident hors UE)
IR : 27 830 € × 19 % = 5 288 €
PS : exonéré (résident hors UE non affilié sécurité sociale française)
Total dû : 5 288 € , au lieu de 33 522 € sans abattements.
Fiscalité des non-résidents : les règles à connaître avant de vendre
Voici quelques règles à connaître pour la fiscalité d’une vente immobilière non-résident
Les prélèvements sociaux sont-ils toujours dus ?
Non. Depuis une décision du Conseil d'État de 2019 (n° 412155), les non-résidents hors UE/EEE non affiliés au régime obligatoire français de sécurité sociale sont exonérés de prélèvements sociaux (17,2 %) sur leurs plus-values immobilières. En revanche, les résidents de l'UE, de l'EEE et de la Suisse restent soumis à une contribution de solidarité de 7,5 %, substitut aux prélèvements sociaux habituels.
Quel est le rôle des conventions fiscales ?
La France a signé des conventions fiscales bilatérales avec plus de 120 pays. Ces textes déterminent quel État peut imposer la plus-value. Dans la quasi-totalité des conventions, c'est l'État où se situe le bien (la France) qui dispose du droit d'imposer en priorité. Le pays de résidence accorde ensuite un crédit d'impôt pour éviter la double imposition. Il est indispensable de vérifier la convention applicable à votre situation avant la vente.
Quand faut-il désigner un représentant fiscal ?
La désignation d'un représentant fiscal accrédité est obligatoire pour toute cession d'un bien supérieur à 150 000 € par un non-résident établi hors de l'UE/EEE. Ce professionnel (établissement bancaire ou entreprise agréée) déclare et acquitte la plus-value au nom du vendeur. Sans cette désignation, le notaire est tenu de bloquer les fonds, ce qui peut compromettre la transaction. Ses honoraires (généralement entre 0,3 % et 0,5 % du prix de cession) sont déductibles des frais.
Les erreurs qui font perdre une exonération de plus-value
Voici des erreurs que vous devez absolument éviter
Louer son ancienne résidence principale avant la vente
C'est l'erreur la plus coûteuse. Dès lors qu'un locataire occupe le bien entre le départ à l'étranger et la signature de l'acte de vente, l'exonération résidence principale est définitivement perdue. L'administration fiscale considère que le bien a changé de nature, il est devenu un bien locatif, non plus une résidence principale.
Attendre trop longtemps avant de vendre
Le délai de vente après le départ est impératif : 31 décembre de l'année N+1. Un expatrié qui attend deux ans pour mettre son bien sur le marché perd l'exonération résidence principale, même si le bien est resté vide. La mise en vente doit être anticipée avant le départ ou dans les premières semaines suivant l'expatriation.
Confondre résidence principale et résidence secondaire
Un expatrié peut posséder plusieurs biens en France. Seul celui qui constituait sa résidence principale effective et habituelle au moment du départ ouvre droit à l'exonération. Une résidence secondaire, même fréquemment occupée, ne bénéficie pas de ce régime, elle est soumise à la fiscalité standard de la plus-value.
Oublier l'impact d'une SCI
La détention d'un bien via une SCI (Société Civile Immobilière) modifie les règles applicables. La SCI à l'IR transmet les plus-values à ses associés au prorata de leurs parts, chaque associé est alors imposé individuellement. Les exonérations (résidence principale, 150 000 €) peuvent s'appliquer au niveau des associés, mais les conditions doivent être vérifiées au cas par cas. À noter : la nouvelle taxe somptuaire 2026 affecte les SCI détenant un patrimoine immobilier supérieur à 5 M€.
Ignorer la fiscalité du pays de résidence
Certains pays, États-Unis, Canada, Australie, Japon, imposent également les plus-values réalisées à l'étranger. Même si la convention fiscale prévoit un crédit d'impôt pour la taxe payée en France, le montant net perçu peut être significativement réduit. Cette analyse doit être faite avant la mise en vente, pas lors de la déclaration fiscale.
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⚠️ Avertissement Une erreur de qualification du bien peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'impôt supplémentaire. En cas de doute, consultez un spécialiste avant de signer quoi que ce soit. |
Faut-il vendre maintenant ou attendre ? Les critères à analyser
Avant de prendre une décision, il faut évaluer plusieurs facteurs clés comme le marché immobilier actuel, votre horizon de retour en France, la fiscalité applicable et votre stratégie patrimoniale globale.
L'impact de la durée de détention
La durée de détention est le levier fiscal le plus puissant à long terme. Si vous approchez d'un seuil d'abattement significatif (22 ans pour l'exonération IR, 30 ans pour l'exonération totale), retarder la vente de 6 à 24 mois peut représenter une économie fiscale substantielle. Une simulation chiffrée est indispensable avant de prendre cette décision.
L'évolution du marché immobilier local
L'optimisation fiscale ne doit pas primer sur la conjoncture de marché. En 2026, certaines villes affichent un léger recul des prix tandis que d'autres se stabilisent. Attendre pour bénéficier d'un abattement fiscal supplémentaire tout en subissant une baisse de valeur du bien peut s'avérer contre-productif. La simulation doit intégrer les deux paramètres : impact fiscal ET projection de valeur vénale.
Les projets patrimoniaux de l'expatrié
La décision de vendre doit s'inscrire dans une stratégie patrimoniale globale. Plusieurs questions méritent d'être posées : avez-vous besoin de liquidités pour un projet dans votre pays de résidence ? Souhaitez-vous réinvestir en France dans le cadre d'une première cession exonérée ? Préparez-vous un retour en France à court ou moyen terme ? Ces éléments orientent directement la date optimale de cession.
Vous préparez la vente de votre bien depuis l'étranger ?
La fiscalité applicable aux non-résidents peut varier considérablement selon votre pays d'expatriation, votre historique de résidence en France, la durée de détention du bien ou encore les conventions fiscales internationales en vigueur. Une exonération mal identifiée ou une démarche réalisée au mauvais moment peut représenter plusieurs milliers d'euros d'impôt supplémentaires.
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