Est-il risqué de mentir à sa banque pour obtenir un prêt ?

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C’est un fait, les expatriés ont plus de mal que les résidents en France pour obtenir un crédit immobilier. Il est tentant de mentir à sa banque, sur sa situation pour augmenter ses chances, mais ce n’est pas sans risques…

Ce que la banque attend de vous

Les banques étudient essentiellement votre taux d’endettement et le montant de votre apport pour décider ou non d’accorder un crédit immobilier. Le taux d’endettement ne doit pas dépasser – grosso modo – un tiers de vos revenus. Concernant l’apport, il n’y a pas de règle stricte en la matière mais un apport équivalent à 20 % du prix d’achat majoré des frais de notaire, soit environ 30 %, est généralement requis.

Sachez toutefois que si vous ne répondez pas à ces exigences, tout n’est pas perdu. En fonction de la relation avec votre banquier, si vos revenus sont importants et réguliers, ou bien encore si vos relevés bancaires confirment vos qualités de bon gestionnaire, la négociation reste possible.

Pour prendre sa décision, la banque va vous demander de lui fournir différents documents tels que des bulletins de salaire, des avis d’impositions, des relevés de comptes bancaires et, bien entendu, votre contrat de travail.

Les risques de mentir à sa banque

Si le banquier se rend compte que des éléments du dossier de demande de crédit sont inexacts, le risque est grand pour qu’il rejette tout simplement votre demande, si vos éclaircissements ne sont pas convaincants. S’il s’en rend compte après que le prêt a été octroyé, c’est même pire : la banque peut décider de rompre le contrat unilatéralement et exiger d’être remboursée immédiatement, ce qui implique la revente du bien dans l’urgence. Ne resterait plus à l’emprunteur qu’à essayer de convaincre un juge qu’il a été victime d’un abus de sa banque, ce qui n’est pas gagné d’avance. Une situation fort peu confortable…

Voilà pourquoi il est indispensable de produire des documents valides et des informations exactes, permettant au créditeur de se faire une idée aussi précise que possible de votre situation financière : contrat de travail, revenus et dépenses, patrimoine et dettes contractées, etc.

Mentir à sa banque est une mauvaise idée. Si vous craignez de ne pas obtenir de financement, il existe des bonnes pratiques pour mettre toutes les chances de votre côté…

Mettre toutes les chances de son côté sans mentir à sa banque

Si l’emprunteur n’a d’autre choix que de justifier de sa situation financière et professionnelle réelle, sans embellir la réalité, cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne dispose d’aucun levier d’action. Il reste le maître des horloges : il peut en effet optimiser ses chances en décidant du meilleur moment pour investir, c’est à dire quand sa situation financière et professionnelle se trouvent au climax.

Plus le dossier de financement est minutieusement préparé, plus les chances de le voir aboutir sont grandes. Ainsi, nous recommandons vivement de le préparer en produisant autant de documents que possible, et en anticipant les demandes de la banque. Il est toujours bon d’avoir calculé au préalable son taux d’endettement et sa capacité de remboursement.

Différents cas de figure se présentent en fonction du type contrat de travail, comme nous le voyons ci-dessous.

Le contrat français détaché à l’étranger

Vous travaillez et résidez à l’étranger mais votre contrat de travail est français et rédigé dans la langue de Molière. Vous êtes donc assimilé à un résident fiscal français. Aucun problème.

Le CDI local

Dans ce cas, il va falloir faire traduire les différents documents et rassurer votre interlocuteur, surtout si vos bulletins de salaire se résument en 3 lignes. Mais, dès lors que vos revenus sont suffisants et que vous alimentez régulièrement le compte bancaire français sur lequel seront effectués les prélèvements visant à rembourser le prêt, le crédit peut être accordé. Ce sera plus facile, bien évidemment, si vous travaillez pour une grande entreprise française.

Le CDD local

A l’instar du salarié résident, l’expatrié en CDD local aura plus de mal à gagner la confiance de sa banque. Néanmoins, la banque pourrait valider votre dossier mais il va falloir que votre apport soit conséquent de manière à limiter l’emprunt et la durée du remboursement.

L’entrepreneur / indépendant

Même si vos affaires se portent bien et que vous êtes en mesure de le confirmer, chiffres à l’appui, les banques sont généralement très frileuses à l’idée même de prêter de l’argent à ces « profils », qu’ils soient expatriés ou pas. Il va vous falloir de solides garanties.

Si votre dossier est bien construit, il a de grandes chances de déboucher sur un crédit immobilier assorti d’un taux légèrement supérieur à celui proposé aux résidents (+0,2 % à +0,5 %), mais largement compétitif au regard de ce qui se fait ailleurs dans le monde. Le jeu en vaut donc la chandelle. En conclusion, il vaut mieux soigner sa situation personnelle et construire un dossier solide plutôt que mentir à sa banque pour obtenir un prêt.

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